La revue temps zéro est une revue scientifique qui se consacre à l'étude des écritures contemporaines. Le concept de temps zéro renvoie à l'ambiguïté de la notion de « contemporain », étiquette tout ce qu'il y a de plus relatif : est contemporain ce qui est de notre temps.

En tenant le pari du contemporain, nous nous plaçons en situation relative : nous faisons d'aujourd'hui un temps zéro, point de référence pour observer la production actuelle, point de référence affirmé mais mouvant.

Depuis début 2013, la revue prend un rythme régulier de publication de deux dossiers par année (parution à l'automne et au printemps).

Vous pouvez consulter la nouvelle rubrique « Incursions » , dans le cadre de laquelle sont publiés des articles brefs. Les « Incursions » visent à développer de nouvelles avenues critiques, à explorer intuitivement les enjeux poétiques et esthétiques des écritures contemporaines.

Dossier

lieu
Pris dans un réseau d’associations liées au passé, l’« Indien » imaginé par les sociétés occidentales paraît ce qu’il y a de plus éloigné de la contemporanéité. L’œuvre riche et variée des auteurs autochtones d’aujourd’hui fait éclater ces stéréotypes et s’engage de diverses façons dans les questions à l’avant-scène des sphères littéraires, sociales et politiques. Les articles de ce dossier proposent des études novatrices d’œuvres amérindiennes et inuit récentes, mettant en valeur leur modernité.

Quels discours théoriques sur la fonction du théâtre sont proposés par les artistes amérindiens ? Comment des concepts autochtones tels que la bispiritualité permettent-ils de mettre en scène des corps et des désirs queer ? Comment la pratique du spoken word peut-elle être appropriée pour permettre l’expression d’une identité inuit jeune et contemporaine ? Comment l’intime peut-il être utilisé pour déjouer les attentes de lecture et éviter de « jouer à l’Indien » ? Comment surmonter les différences culturelles pour parvenir à vivre ensemble ?

Ce numéro a été dirigé par Joëlle Papillon.

(photo : détail retravaillé de « Lots of rocks », par Shawn Nystrand, licence Creative commons by-sa 2.0)

Incursions

31 octobre 2013 - Björn-Olav Dozo et Denis Saint-Amand

Une poétique de l’escorte

Cet article repose sur une lecture en série des préfaces de deux ensembles éditoriaux publiant de nombreuses traductions (la collection « Penser/croiser » des Prairies ordinaires et le catalogue des éditions 13e note). Nous dégageons de cette lecture l'imaginaire spécifique de chaque ensemble éditorial, en pointant l'ethos qui se construit à travers ces textes d'escorte et qui propose finalement un plaidoyer défendant une politique éditoriale spécifique. De texte inféodé au texte qu'il introduit, la préface devient alors un maillon d'un discours éditorial vaste et transversal.

23 avril 2013 - Frank Wagner

« Comment le sais-tu ? »

À partir des définitions genettiennes de la paralepse (excès d’informations par rapport au code modal dominant), il s’agit de cerner les usages et les fonctions du procédé dans la littérature narrative d’aujourd’hui, en relation homo- ou hétérodiégétique, en régime fictionnel ou semi-fictionnel. Des exemples prélevés dans divers récits contemporains (de Roegiers, Toussaint, Carrère, Echenoz) permettent de constater que la paralepse assure un renouvellement du soupçon à l’époque actuelle, en jouant un rôle de révélateur épistémologique. En effet, ce procédé narratif paradoxal engage une réflexion en acte sur la fiction, son perspectivisme, ses capacités de modélisation, et ses pouvoirs heuristiques.

31 mars 2013 - Maïté Snauwaert

Physique du deuil

Les remarques sur la tenue de la maison et du corps dans le quotidien domestique, conçue comme une éthique de la fidélité à la mère récemment disparue, apparaissent dans l’écrit privé du Journal de deuil de Roland Barthes comme un écho des observations faites dans le cours sur La préparation du roman. Participant d’une physique du vivre et de l’habiter qui met l’accent sur l’entretien quotidien du lieu, le silence et la difficulté de tout voyage, les « notations » du journal rendent compte de la condensation dans le corps de l’épreuve du deuil, et de la prise de conscience d’un dernier âge de la vie.

28 février 2013 - René Audet
Des « incursions » sur temps zéro