La revue temps zéro est une revue scientifique qui se consacre à l'étude des écritures contemporaines. Le concept de temps zéro renvoie à l'ambiguïté de la notion de « contemporain », étiquette tout ce qu'il y a de plus relatif : est contemporain ce qui est de notre temps.

En tenant le pari du contemporain, nous nous plaçons en situation relative : nous faisons d'aujourd'hui un temps zéro, point de référence pour observer la production actuelle, point de référence affirmé mais mouvant.

Depuis début 2013, la revue prend un rythme régulier de publication de deux dossiers par année (parution à l'automne et au printemps).

Vous pouvez consulter la nouvelle rubrique « Incursions » , dans le cadre de laquelle sont publiés des articles brefs. Les « Incursions » visent à développer de nouvelles avenues critiques, à explorer intuitivement les enjeux poétiques et esthétiques des écritures contemporaines.

Dossier

romanesque
Quelles sont les modalités d’apparition du romanesque dans les fictions contemporaines de langue française ? Le « romanesque » pourrait être intuitivement décrit comme le mode exacerbé de présentation des événements, des émotions et des actions dans le récit. On serait tenté, aujourd’hui, de lire les actualisations du romanesque comme s’inscrivant parmi les nombreux « retours » qui ponctuent plusieurs histoires de la littérature du présent. Après un certain rejet des critères de définition des genres littéraires, notamment par une intensification des différentes propositions critiques et esthétiques autour des genres, l’idée d’une revalorisation de certains traits génériques, tels ceux du romanesque, peut en effet être lue comme un retour. Si le roman, ce n’est pas le romanesque, le romanesque, très certainement, c’est le roman. C’est dans cette double acception que le terme romanesque est utilisé dans les articles de ce dossier, ceux-ci étant à la recherche de représentations romanesques autant que de représentations du romanesque dans les fictions parues depuis 1990.

Ce numéro a été dirigé par Yves Baudelle et Francis Langevin.

(photo : détail de « Hoi An », par Rafael Chiti, licence Creative commons 0, via Unsplash)

Incursions

31 août 2014 - Marie-Laure Rossi

« Duras-Godard », conversation télévisuelle

Bien que l’esthétique conversationnelle subisse une profonde remise en cause dans la création littéraire du XXe siècle, son héritage est encore perceptible dans le cadre d’un genre inventé grâce au développement de la médiatisation, l’entretien littéraire. L’émission télévisée « Duras-Godard », diffusée en 1987, donne à comprendre comment la mémoire des salons mondains hante encore la réception par le public moderne. Mais elle montre aussi l’art de Marguerite Duras pour faire siennes les normes de cette pratique sociale et en tirer des effets esthétiques propres à enrichir son œuvre publiée.

31 octobre 2013 - Björn-Olav Dozo et Denis Saint-Amand

Une poétique de l’escorte

Cet article repose sur une lecture en série des préfaces de deux ensembles éditoriaux publiant de nombreuses traductions (la collection « Penser/croiser » des Prairies ordinaires et le catalogue des éditions 13e note). Nous dégageons de cette lecture l'imaginaire spécifique de chaque ensemble éditorial, en pointant l'ethos qui se construit à travers ces textes d'escorte et qui propose finalement un plaidoyer défendant une politique éditoriale spécifique. De texte inféodé au texte qu'il introduit, la préface devient alors un maillon d'un discours éditorial vaste et transversal.

23 avril 2013 - Frank Wagner

« Comment le sais-tu ? »

À partir des définitions genettiennes de la paralepse (excès d’informations par rapport au code modal dominant), il s’agit de cerner les usages et les fonctions du procédé dans la littérature narrative d’aujourd’hui, en relation homo- ou hétérodiégétique, en régime fictionnel ou semi-fictionnel. Des exemples prélevés dans divers récits contemporains (de Roegiers, Toussaint, Carrère, Echenoz) permettent de constater que la paralepse assure un renouvellement du soupçon à l’époque actuelle, en jouant un rôle de révélateur épistémologique. En effet, ce procédé narratif paradoxal engage une réflexion en acte sur la fiction, son perspectivisme, ses capacités de modélisation, et ses pouvoirs heuristiques.

31 mars 2013 - Maïté Snauwaert
Physique du deuil
28 février 2013 - René Audet
Des « incursions » sur temps zéro