La revue temps zéro est une revue scientifique qui se consacre à l'étude des écritures contemporaines. Le concept de temps zéro renvoie à l'ambiguïté de la notion de « contemporain », étiquette tout ce qu'il y a de plus relatif : est contemporain ce qui est de notre temps.

En tenant le pari du contemporain, nous nous plaçons en situation relative : nous faisons d'aujourd'hui un temps zéro, point de référence pour observer la production actuelle, point de référence affirmé mais mouvant.

La revue temps zéro publie deux dossiers par année (parution à l'automne et au printemps).

Vous trouverez ci-bas la rubrique « Incursions » , dans le cadre de laquelle sont publiés des articles brefs. Les « Incursions » visent à développer de nouvelles avenues critiques, à explorer intuitivement les enjeux poétiques et esthétiques des écritures contemporaines. Vos propositions sont toujours les bienvenues.

Dossier

cadre
Le paysage se situe à la croisée entre sujet, texte et monde, trois données qui sont sujettes à d’infinies variations et influences réciproques. Or ces données sont encore plus problématiques dans des contextes de création marqués par la précarité. Le présent dossier réunit des articles s’intéressant à la représentation de paysages dans des textes de la francophonie canadienne, provenant autant de l’Acadie, du Québec, de l’Ontario que de l’Ouest canadien. En regard d’une telle diversité géographique, comment les auteurs et artistes contemporains représentent-ils ces paysages ? À quels genres littéraires, à quelles modalités discursives recourent-ils ? Le paysage suppose un espace référentiel dans lequel la subjectivité opère un découpage et une mise en forme – c’est ce que synthétise le terme de « cadrage » qui rappelle aussi l’un de nos modes privilégiés de « consommation » de paysages : la photographie. La production littéraire récente, comme l’illustre le présent dossier, marque un intérêt significatif pour la question paysagère, interrogeant les défis qu’elle pose aux communautés et les valeurs qu’elle recouvre.

Ce numéro a été dirigé par Élise Lepage.

(photo : détail de « leaking by the old silos », par Jes, licence Creative commons by-nc-nd 2.0)

Incursions

31 août 2014 - Marie-Laure Rossi

« Duras-Godard », conversation télévisuelle

Bien que l’esthétique conversationnelle subisse une profonde remise en cause dans la création littéraire du XXe siècle, son héritage est encore perceptible dans le cadre d’un genre inventé grâce au développement de la médiatisation, l’entretien littéraire. L’émission télévisée « Duras-Godard », diffusée en 1987, donne à comprendre comment la mémoire des salons mondains hante encore la réception par le public moderne. Mais elle montre aussi l’art de Marguerite Duras pour faire siennes les normes de cette pratique sociale et en tirer des effets esthétiques propres à enrichir son œuvre publiée.

31 octobre 2013 - Björn-Olav Dozo et Denis Saint-Amand

Une poétique de l’escorte

Cet article repose sur une lecture en série des préfaces de deux ensembles éditoriaux publiant de nombreuses traductions (la collection « Penser/croiser » des Prairies ordinaires et le catalogue des éditions 13e note). Nous dégageons de cette lecture l'imaginaire spécifique de chaque ensemble éditorial, en pointant l'ethos qui se construit à travers ces textes d'escorte et qui propose finalement un plaidoyer défendant une politique éditoriale spécifique. De texte inféodé au texte qu'il introduit, la préface devient alors un maillon d'un discours éditorial vaste et transversal.

23 avril 2013 - Frank Wagner

« Comment le sais-tu ? »

À partir des définitions genettiennes de la paralepse (excès d’informations par rapport au code modal dominant), il s’agit de cerner les usages et les fonctions du procédé dans la littérature narrative d’aujourd’hui, en relation homo- ou hétérodiégétique, en régime fictionnel ou semi-fictionnel. Des exemples prélevés dans divers récits contemporains (de Roegiers, Toussaint, Carrère, Echenoz) permettent de constater que la paralepse assure un renouvellement du soupçon à l’époque actuelle, en jouant un rôle de révélateur épistémologique. En effet, ce procédé narratif paradoxal engage une réflexion en acte sur la fiction, son perspectivisme, ses capacités de modélisation, et ses pouvoirs heuristiques.

31 mars 2013 - Maïté Snauwaert
Physique du deuil
28 février 2013 - René Audet
Des « incursions » sur temps zéro