La revue temps zéro est une revue scientifique qui se consacre à l'étude des écritures contemporaines. Le concept de temps zéro renvoie à l'ambiguïté de la notion de « contemporain », étiquette tout ce qu'il y a de plus relatif : est contemporain ce qui est de notre temps.

En tenant le pari du contemporain, nous nous plaçons en situation relative : nous faisons d'aujourd'hui un temps zéro, point de référence pour observer la production actuelle, point de référence affirmé mais mouvant.

La revue temps zéro publie deux dossiers par année (parution à l'automne et au printemps).

Vous trouverez ci-bas la rubrique « Incursions » , dans le cadre de laquelle sont publiés des articles brefs. Les « Incursions » visent à développer de nouvelles avenues critiques, à explorer intuitivement les enjeux poétiques et esthétiques des écritures contemporaines. Vos propositions sont toujours les bienvenues.

Dossier

11

mars 2017

Le roman comme atelier

cadre
La littérature québécoise a été scrutée à la lumière de ses figures duelles d'écrivains : autant André Belleau que Roseline Tremblay ont documenté ces représentations autoréflexives dans le corpus du XXe siècle. Une telle spécularité, qui n'est pas sans évoquer la « surconscience linguistique » québécoise, s'observe toujours en période contemporaine. Le métadiscours sur la littérature dans les fictions récentes semble en effet prendre les formes les plus diverses et se disséminer dans des instances moins aisément identifiables. Les articles de ce numéro de la revue temps zéro soutiennent l’hypothèse que cette propension à l’autoréférentialité s’est amplifiée au cours des dernières années, nombre de récits s’offrant comme des mises en fiction/question de l’écriture ou de la situation d’énonciation que s’assigne l’œuvre elle-même. Se font jour des ouvrages éclatés, aux frontières indécises entre le réel et la fiction ou entre divers niveaux de réel, mettant en scène des figures diffractées d’auteurs ou de romanciers fictifs appliqués à décrire sous forme de projet en gestation le texte que le lecteur a sous les yeux.

Ce numéro a été dirigé par Lise Gauvin.

(photo : détail de « desfases », par ajisabel, licence Creative commons by-nc-nd 2.0)

Incursions

31 mars 2017 - Laurent Demanze

Petit éloge de la paranoïa

Dans cet article, il s’agit d’analyser les liens entre les récits d’enquête et la paranoïa. Au lieu de considérer qu’elle est un dérèglement de l’esprit ou une folie dans la démarche rationnelle, l’article montre qu’elle est inhérente au mouvement même de l’investigation. Il s’appuie notamment sur l’essai de Luc Boltanski, Énigmes et complots. Une enquête à propos d’enquêtes, pour souligner les difficultés à interrompre une enquête et à justifier d’un point de vue épistémologique la suspension du geste herméneutique. Pour illustrer cette réflexion, l’article traverse quelques œuvres contemporaines, de Pierre Bayard à Éric Chauvier.

31 août 2014 - Marie-Laure Rossi

« Duras-Godard », conversation télévisuelle

Bien que l’esthétique conversationnelle subisse une profonde remise en cause dans la création littéraire du XXe siècle, son héritage est encore perceptible dans le cadre d’un genre inventé grâce au développement de la médiatisation, l’entretien littéraire. L’émission télévisée « Duras-Godard », diffusée en 1987, donne à comprendre comment la mémoire des salons mondains hante encore la réception par le public moderne. Mais elle montre aussi l’art de Marguerite Duras pour faire siennes les normes de cette pratique sociale et en tirer des effets esthétiques propres à enrichir son œuvre publiée.

31 octobre 2013 - Björn-Olav Dozo et Denis Saint-Amand

Une poétique de l’escorte

Cet article repose sur une lecture en série des préfaces de deux ensembles éditoriaux publiant de nombreuses traductions (la collection « Penser/croiser » des Prairies ordinaires et le catalogue des éditions 13e note). Nous dégageons de cette lecture l'imaginaire spécifique de chaque ensemble éditorial, en pointant l'ethos qui se construit à travers ces textes d'escorte et qui propose finalement un plaidoyer défendant une politique éditoriale spécifique. De texte inféodé au texte qu'il introduit, la préface devient alors un maillon d'un discours éditorial vaste et transversal.

23 avril 2013 - Frank Wagner
« Comment le sais-tu ? »
31 mars 2013 - Maïté Snauwaert
Physique du deuil
28 février 2013 - René Audet
Des « incursions » sur temps zéro