Temps zéro http://tempszero.contemporain.info Revue d'étude des écriture contemporaines fr temps zéro, numéro 1 - Raconter le quotidien aujourd'hui http://tempszero.contemporain.info/document68 Le quotidien participe de la volonté d'écrire le monde, émergeant comme une réponse possible face à l'effondrement des grands récits. L'examen de quelques-unes des œuvres qui le mettent à l’honneur révèle la résurgence de la transitivité dans la littérature contemporaine, une transitivité qui passe cependant par l'artifice, le virtuel, la fiction — le quotidien s'inventant, à défaut de pouvoir être objectivé, par la littérature.Les articles réunis dans ce dossier examinent les relations entre narrativité et quotidien à partir d’une lecture critique de récits et de romans de notre temps. Ils se démarquent par l’importance qu’ils accordent aux enjeux narratifs du quotidien et par la contemporanéité des textes étudiés. Sans négliger de prendre en considération les acquis d’une histoire littéraire contemporaine marquée par la fin des avant-gardes et le « retour du récit », ce dossier aborde de plain-pied une littérature en train de se faire, tentant de repérer lignes de forces et déplacements significatifs. Il y a là un risque, mais cet ensemble d'articles fait de ce risque un espace critique de réflexion et d’analyse spécifiquement contemporain. Wed, 27 Jun 2007 00:00:00 -0400 http://tempszero.contemporain.info/document68 Le quotidien à tout prix http://tempszero.contemporain.info/document69 Article de Isabelle Décarie. Pourquoi le quotidien reprend-il le dessus avec force dans les occasions les moins courantes, comme celle d’une maladie mortelle ou d’une fugue à la suite d’un crime ? Comment le quotidien est-il raconté dans de telles circonstances ? Ces questions préliminaires guident ici l’analyse de deux romans, Le drap d’Yves Ravey (2002) et Un an de Jean Echenoz (1997), dans lesquels des événements, qui rompent pourtant avec le quotidien des personnages, sont chaque fois dépassés pour faire place au retour du temps ordinaire. Il s’agit ici de voir comment les romanciers parviennent à maintenir un récit de tous les jours tout en racontant une situation peu banale, puis de tenter de répondre à cette autre interrogation : quelle force nous pousse à vouloir à tout prix raconter le quotidien malgré des circonstances dramatiques ? Wed, 27 Jun 2007 00:00:00 -0400 http://tempszero.contemporain.info/document69 Présentation http://tempszero.contemporain.info/document71 À la fois partout et nulle part, omniprésent et élusif, sans commencement ni fin, le quotidien excède toute tentative de saisie et pourtant, théoriciens, écrivains et critiques s’y intéressent1. Loin de laisser le quotidien reposer dans sa pseudo-évidence (Bégout, 2006), ils s’interrogent sur la réalité changeante et polymorphe de ce qui, chaque jour, revient et constitue le « bruit de fond » (Perec, 1989 : 11) de nos vies. Michael Sheringham (2006) a proposé une synthèse de l’enchevêtrement théorique et littéraire de la notion de quotidien dont il situe l’émergence dans la France d’après Guerre. Au cours des années soixante-dix, le quotidien passe au premier plan dans une partie de la production littéraire pour ensuite se disséminer et se diversifier (ibid.) de sorte à devenir une composante importante de la littérature. Il n’est plus à prouver que le souci pour le quotidien caractérise, entre autres, la littérature de notre temps, souci qui débouche aujourd’hui sur des pratiques narratives hétérogènes. Le quotidien s’avère désormais indissociable de l’esthétique post-moderne, dans laquelle il circule entre idéalisation nostalgique et exploration du présent, réalisme critique et fiction ludique. Partie prenante de l’écriture journalière (journaux intimes, carnets) — que nous n’étudierons cependant pas dans ce dossier — le quotidien participe de la volonté d’écrire le monde dans ce qu’il a de plus Thu, 09 Aug 2007 00:00:00 -0400 http://tempszero.contemporain.info/document71 Le quotidien à l’épreuve du virtuel http://tempszero.contemporain.info/document74 Article de Sarah Rocheville. Promenade (2001) de Régis Jauffret retrace les errances journalières d’une femme dont l’existence se compose presque entièrement de fantasmes. En structurant son roman selon une dialectique de l’indicatif et du conditionnel, Jauffret se saisit de notre monde contemporain, prisonnier d’un temps historique auquel auraient abouti les échecs des utopies modernes. Venant au secours du romancier, le conditionnel prête à l’action, il lui fait crédit d’un temps verbal grâce auquel quelque chose est vécu et objecté, tout en demeurant dans l’enceinte du présent. Promenade montre l’un des puissants mécanismes du temps présent inscrit dans une économie du sur-place qui épuise ses ressources narratives à raconter ce qui n’arrive pas et qui pourtant y arrive, sur un plan exclusivement romanesque. Wed, 22 Aug 2007 00:00:00 -0400 http://tempszero.contemporain.info/document74 Trajets quotidiens et récits délinquants http://tempszero.contemporain.info/document79 Article de Michael Sheringham. Si l’expérience de la quotidienneté, qui préoccupe un philosophe comme Henri Lefebvre ou un écrivain comme Georges Perec, semble résister à l’emprise du roman, Michel de Certeau a pu mettre une réflexion sur le récit au cœur de son essai fondamental, L’invention du quotidien. En effet, les notions de « récits délinquants » ou d’« énonciations piétonnières », chez Certeau, fournissent des outils précieux pour l’élucidation du rôle du récit dans des textes qui interrogent le monde quotidien à partir de pérégrinations et de méditations urbaines, dont certains exemples majeurs sont traités ici : Un ethnologue dans le métro (Marc Augé), Journal du dehors (Annie Ernaux), Les passagers du Roissy-Express (François Maspero), La liberté des rues (Jacques Réda). Wed, 22 Aug 2007 00:00:00 -0400 http://tempszero.contemporain.info/document79 Le laminage de l’événement et du quotidien http://tempszero.contemporain.info/document78 Article de Émilie Brière. Dans L’adversaire, Emmanuel Carrère travaille l’opposition habituelle entre l’événement, qui se présente en saillie, et la vie quotidienne, qui constitue le creux morne et indéterminé. Ce laminage du quotidien et de l’événement se double d’un nivellement de la profondeur attribuée à la personnalité individuelle. L’impression de similitude des expériences vécues quotidiennement crée des identités collectives au sein desquelles l’individu peine à se constituer en sujet. En ce sens, L’adversaire donne à lire le quotidien non pas comme « un domaine intérieur, où règnent sécurité et confiance » (Bruce Bégout, La découverte du quotidien), mais comme le lieu d’une inquiétude irréductible et effarante. Wed, 27 Jun 2007 00:00:00 -0400 http://tempszero.contemporain.info/document78 Les trois vies de Lucie de Iegor Gran, ou comment sortir du quotidien http://tempszero.contemporain.info/document81 Article de Marie-Pascale Huglo. Les trois vies de Lucie de Iegor Gran est un roman à contrainte qui raconte trois Vies d’un couple moyen (la troisième version étant la somme des deux premières). Caractéristiques du retour au récit dans la littérature contemporaine, les Vies de Gran associent le motif du quotidien à la catégorie du romanesque, montrant en quoi le quotidien et le romanesque constituent un couple antithétique mais indissociable. Le quotidien est ici un lieu commun qui a plus à voir avec le langage courant et les catégories littéraires qu’avec une réalité insaisissable. Par là, Gran s’écarte des revendications réalistes propres à de nombreuses explorations du quotidien dans la littérature contemporaine. Dans ce contexte, la contrainte qui gouverne le roman n’est pas une simple prouesse ludique sans intérêt : elle contribue à renforcer l’intrication entre quotidien, langage, récit et procédés littéraires. Thu, 09 Aug 2007 00:00:00 -0400 http://tempszero.contemporain.info/document81 La contrainte des vingt-quatre heures http://tempszero.contemporain.info/document82 Article de Frances Fortier. L'article met en regard trois biofictions contemporaines qui relatent une journée particulière de la vie d'un écrivain : André Gide. Vendredi 16 octobre 1908 de Patrick et Roman Wald Lasowski (1992), Proust. Samedi 27 novembre 1909 d'Alain Buisine (1991) et Valéry. Jeudi 10 juin 1927 de Richard Jorif (1991). Au-delà de la contrainte des vingt-quatre heures, ces mises en récit du quotidien de l'autre, factices il va sans dire, font jouer les diverses dimensions du terme - la temporalité, la récurrence et l'insignifiant - par le biais de procédés énonciatifs, figuratifs et narratifs qui viennent en spécifier le registre. Wed, 27 Jun 2007 00:00:00 -0400 http://tempszero.contemporain.info/document82 Fuir le récit pour raconter le quotidien http://tempszero.contemporain.info/document84 Article de René Audet. Si l’on désigne communément la pratique des récits du quotidien, cette étiquette recèle néanmoins quelque problème conceptuel, par la cohabitation d’une forme (le récit) qui appelle la transgression de l’ordinaire  à travers une temporalité et un objet (le quotidien) qui se définit par ce caractère ordinaire. L’examen de trois cas, Enregistrements pirates de Ph. Delerm, Palomar d’I. Calvino et Étrange façon de vivre d’E. Vila-Matas, permettra de questionner la confusion habituelle entre récit et narrativité, d’établir comment l’arrimage est possible entre quotidien et narrativité, pour en venir à une réflexion sur les usages du narratif en littérature contemporaine. Mon, 27 Aug 2007 00:00:00 -0400 http://tempszero.contemporain.info/document84