Temps zéro http://tempszero.contemporain.info Revue d'étude des écriture contemporaines fr temps zéro, numéro 2 - Vraisemblance et fictions contemporaines http://tempszero.contemporain.info/document383 Le roman contemporain en a-t-il fini avec la vraisemblance ? La véridiction l’a-t-elle évincée à la faveur de l’engouement pour la littérature de témoignage qui entend explorer, à travers l’autofiction notamment, les limites et les stratégies de mise en discours du vrai ? Est-elle encore apte à désigner un rapport à la fiction nourri des expérimentations formelles et des diverses affirmations théoriques et esthétiques qui ont ponctué le 20e siècle ? Si l’on en croit de nombreux romans contemporains, la vraisemblance n’a pas quitté l’imaginaire et les pratiques romanesques. Plusieurs, en effet, proposent une problématisation explicite de la vraisemblance, par des entorses patentes et signalées comme telles, alors que d’autres thématisent avec insistance ou plus subtilement la notion et ses enjeux.Ce dossier de la revue temps zéro entend aborder le vaste territoire du roman contemporain, sous l’angle de la vraisemblance et de sa fonction première, celle de l’adhésion à la fiction. Cinq études, précédées d’une brève mise en place historique et théorique, permettent de faire émerger des types, des effets et des procédés singuliers qui renvoient tous au pacte d’illusion consentie observé dans diverses perspectives : pragmatique, poétique et parfois même éthique.Ce numéro a été dirigé par Andrée Mercier, Pierre-Luc Landry et Christine Otis. Wed, 25 Nov 2009 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document383 La connivence construite par le discours de l'évidence http://tempszero.contemporain.info/document384 Article de Francis Langevin. Deux romans à la facture bien différente partagent une même tonalité, ou, dirait-on moins nébuleusement, une même attitude narratoriale : la connivence qui s'établit au partage de l'évidence, une évidence qui utilise les protocoles rhétoriques d'établissement de la vraisemblance dans le roman biographique et la biographie. Les narrateurs de chacun des deux romans à l'étude – Sissy, c'est moi (Patrick Lapeyre, 1998) et Ravel (Jean Echenoz, 2006) – portent les traces d’une adhésion présupposée du narrataire à un espace partagé, gouverné par la connivence et la bonne entente. Invitation au partage des valeurs du monde qui représente plutôt que du monde représenté ; invitation au partage d’une position dans le discours, ces narrations de la dérision et du dérisoire dépeignent davantage un narrateur qu’un personnage. Mon, 30 Nov 2009 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document384 Vraisemblance du mensonge et falsification des sources : la vérité sous tension http://tempszero.contemporain.info/document391 Article de Phillip Schube Coquereau. Cet article propose une étude des Falsificateurs (2007) d’Antoine Bello en posant l’hypothèse que ce roman exploite et théorise à la fois les modalités pragmatiques d’adhésion du destinataire. Celles-ci ont été dégagées par la narratologie et sont reprises par les penseurs du storytelling, mouvance récemment étudiée, entre autres, par Christian Salmon (2007). Pour ce faire, l’auteur analyse plusieurs paramètres comme la thématisation de la vraisemblance, les critères de validation d’une histoire, le poids de la fiction et de la vérité, l’exploitation de l’incrédulité, etc. Ces paramètres sont utilisés pour éclairer la tension, toujours présente dans Les Falsificateurs, entre deux éléments tenus pour complémentaires, c’est-à-dire les sources de référence et le récit qui les convoque. Mon, 30 Nov 2009 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document391 Définir Chevillard http://tempszero.contemporain.info/document385 Article de Nicolas Xanthos. En se fondant sur une conception pragmatique et générique de la vraisemblance romanesque comme ensemble de poétiques concevables pour le roman, le présent article cherche à montrer comment, dans Démolir Nisard, Chevillard s’emploie à se situer en dehors de cet horizon d’attente par toutes sortes de procédés (de l’interférence du narratif et de l’argumentatif à une pratique généralisée de la métalepse, en passant par un usage hors norme de l’intertextualité, une extrême malléabilité de l’univers fictionnel et des postures paradoxales). Dans cet improbable art romanesque et dans la refonte de l’espace littéraire qu’il implique à titre d’aventure constituante, on veut voir une manière de s’opposer, performativement, à la poétique du « bon vieux roman » et de démolir Nisard considéré, par une métonymie de l’homme pour ses idées, comme pratique réaliste à vocation moralisatrice. Mon, 30 Nov 2009 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document385 La vraisemblance : état de la question historique et théorique http://tempszero.contemporain.info/document393 La notion de vraisemblance se trouve aujourd’hui le plus souvent en filigrane des textes théoriques et critiques. Elle échappe également aux codifications strictes et aux débats dont elle fut l’objet dans les traités de poétique. C’est dire que sa définition reste assez floue et fondée sur des présuppositions plus ou moins formulées. L’objectif de ce texte est d’offrir un état de la question historique, utile pour rappeler les principales acceptions du terme et en montrer les déplacements ; il sera suivi d’un bref état de la question théorique visant à en dégager les différents caractères constitutifs et les principaux enjeux.Petite histoire de la vraisemblanceL’histoire de la vraisemblance reste encore à faire. Le parcours proposé ici se limitera à certaines étapes majeures, principalement la poétique classique et le réalisme, dont il offrira un portrait nécessairement simplifié. La Poétique d’Aristote constitue malgré tout un arrêt obligé tant le texte a fait l’objet de relectures et de commentaires. Extrêmement rares d’ailleurs sont les dictionnaires littéraires qui n’y renvoient pas dans leur article consacré à la vraisemblance1. Caractéristique de la fiction, c’est-à-dire du travail du poète2, la vraisemblance pour Aristote se distingue de l’exigence de vérité empirique ou factuelle à laquelle est soumis l’historien ou plus exactement le chroniqueur : « le rôle du poète est de dire non pas ce qui Thu, 03 Dec 2009 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document393 Le roman mimétique à la lumière de l'invraisemblable http://tempszero.contemporain.info/document480 Article de Frances Fortier. La mise en regard de deux fictions lettrées, Si Dieu existe d'Alain Nadaud (2007) et Un homme défait de Roger Magini (1995), permet de faire émerger les stratégies paradoxales qui instaurent une tension entre l’illusion du réel et sa déconstruction. Dans un cas, l’accréditation du réel par le témoignage se voit contrecarrée par l’indexation du pastiche ; dans l’autre, la désignation de l’invraisemblable de la diégèse est neutralisée par le rappel constant des coïncidences inouïes qui justifient, précisément, l’existence d’une machination. En bout de course, le vraisemblable, dans les deux cas, est dégagé de la référence et relève, strictement, de la posture énonciative. Mon, 30 Nov 2009 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document480 Présentation http://tempszero.contemporain.info/document397 Le roman contemporain en a-t-il fini avec la vraisemblance ? La véridiction l’a-t-elle évincée à la faveur de l’engouement pour la littérature de témoignage qui entend explorer, à travers l’autofiction notamment, les limites et les stratégies de mise en discours du vrai ? A-t-elle même survécu à l’héritage réaliste qui lui a préféré la notion d’effet de réel ? Après tout, Todorov ne constatait-il pas, il y a près de quarante ans, que le « concept de vraisemblable n’est plus à la mode » (Todorov, 1971 : 93) ? Est-elle encore apte à désigner un rapport à la fiction nourri des expérimentations formelles et des diverses affirmations théoriques et esthétiques qui ont ponctué le vingtième siècle ?Si l’on en croit de nombreux romans contemporains, la vraisemblance n’a pas quitté l’imaginaire et les pratiques romanesques. Plusieurs, en effet, proposent une problématisation explicite de la vraisemblance, par des entorses patentes et signalées comme telles, alors que d’autres thématisent avec insistance ou plus subtilement la notion et ses enjeux. L’histoire de Pi de Yann Martel (2003) repose sur un renversement final qui détruit d’un coup la crédibilité habilement construite d’un récit, celui de la dérive en mer d’un jeune homme avec un tigre du Bengale durant 227 jours. Mirror Lake d’Andrée A. Michaud (2006) raconte la singulière histoire d’un homme qui émerge de comas successifs l’amenant chaque Sun, 07 Feb 2010 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document397 Le jeu des coïncidences : une vraisemblance à construire http://tempszero.contemporain.info/document398 Article de Christine Otis. À partir des exemples de Nikolski (Nicolas Dickner, 2005) et de La kermesse (Daniel Poliquin, 2006), l’article présente la construction d’une vraisemblance parallèle générée par l’utilisation d’une multitude de coïncidences. Cette vraisemblance particulière réussit à s’imposer malgré un certain degré d’invraisemblance et pourrait s’apparenter à la vraisemblance générique (propre à un genre particulier comme le roman policier ou de science-fiction par exemple), mais s’appliquant à un univers romanesque particulier. Fri, 05 Feb 2010 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document398 temps zéro, numéro 1 - Raconter le quotidien aujourd'hui http://tempszero.contemporain.info/document68 Le quotidien participe de la volonté d'écrire le monde, émergeant comme une réponse possible face à l'effondrement des grands récits. L'examen de quelques-unes des œuvres qui le mettent à l’honneur révèle la résurgence de la transitivité dans la littérature contemporaine, une transitivité qui passe cependant par l'artifice, le virtuel, la fiction — le quotidien s'inventant, à défaut de pouvoir être objectivé, par la littérature.Les articles réunis dans ce dossier examinent les relations entre narrativité et quotidien à partir d’une lecture critique de récits et de romans de notre temps. Ils se démarquent par l’importance qu’ils accordent aux enjeux narratifs du quotidien et par la contemporanéité des textes étudiés. Sans négliger de prendre en considération les acquis d’une histoire littéraire contemporaine marquée par la fin des avant-gardes et le « retour du récit », ce dossier aborde de plain-pied une littérature en train de se faire, tentant de repérer lignes de forces et déplacements significatifs. Il y a là un risque, mais cet ensemble d'articles fait de ce risque un espace critique de réflexion et d’analyse spécifiquement contemporain.Ce numéro a été dirigé par Marie-Pascale Huglo. Tue, 24 Nov 2009 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document68 Le quotidien à tout prix http://tempszero.contemporain.info/document69 Article de Isabelle Décarie. Pourquoi le quotidien reprend-il le dessus avec force dans les occasions les moins courantes, comme celle d’une maladie mortelle ou d’une fugue à la suite d’un crime ? Comment le quotidien est-il raconté dans de telles circonstances ? Ces questions préliminaires guident ici l’analyse de deux romans, Le drap d’Yves Ravey (2002) et Un an de Jean Echenoz (1997), dans lesquels des événements, qui rompent pourtant avec le quotidien des personnages, sont chaque fois dépassés pour faire place au retour du temps ordinaire. Il s’agit ici de voir comment les romanciers parviennent à maintenir un récit de tous les jours tout en racontant une situation peu banale, puis de tenter de répondre à cette autre interrogation : quelle force nous pousse à vouloir à tout prix raconter le quotidien malgré des circonstances dramatiques ? Wed, 27 Jun 2007 00:00:00 -0400 http://tempszero.contemporain.info/document69 Présentation http://tempszero.contemporain.info/document71 À la fois partout et nulle part, omniprésent et élusif, sans commencement ni fin, le quotidien excède toute tentative de saisie et pourtant, théoriciens, écrivains et critiques s’y intéressent1. Loin de laisser le quotidien reposer dans sa pseudo-évidence (Bégout, 2006), ils s’interrogent sur la réalité changeante et polymorphe de ce qui, chaque jour, revient et constitue le « bruit de fond » (Perec, 1989 : 11) de nos vies. Michael Sheringham (2006) a proposé une synthèse de l’enchevêtrement théorique et littéraire de la notion de quotidien dont il situe l’émergence dans la France d’après Guerre. Au cours des années soixante-dix, le quotidien passe au premier plan dans une partie de la production littéraire pour ensuite se disséminer et se diversifier (ibid.) de sorte à devenir une composante importante de la littérature. Il n’est plus à prouver que le souci pour le quotidien caractérise, entre autres, la littérature de notre temps, souci qui débouche aujourd’hui sur des pratiques narratives hétérogènes. Le quotidien s’avère désormais indissociable de l’esthétique post-moderne, dans laquelle il circule entre idéalisation nostalgique et exploration du présent, réalisme critique et fiction ludique. Partie prenante de l’écriture journalière (journaux intimes, carnets) — que nous n’étudierons cependant pas dans ce dossier — le quotidien participe de la volonté d’écrire le monde dans ce qu’il a de plus Thu, 09 Aug 2007 00:00:00 -0400 http://tempszero.contemporain.info/document71 Le quotidien à l’épreuve du virtuel http://tempszero.contemporain.info/document74 Article de Sarah Rocheville. Promenade (2001) de Régis Jauffret retrace les errances journalières d’une femme dont l’existence se compose presque entièrement de fantasmes. En structurant son roman selon une dialectique de l’indicatif et du conditionnel, Jauffret se saisit de notre monde contemporain, prisonnier d’un temps historique auquel auraient abouti les échecs des utopies modernes. Venant au secours du romancier, le conditionnel prête à l’action, il lui fait crédit d’un temps verbal grâce auquel quelque chose est vécu et objecté, tout en demeurant dans l’enceinte du présent. Promenade montre l’un des puissants mécanismes du temps présent inscrit dans une économie du sur-place qui épuise ses ressources narratives à raconter ce qui n’arrive pas et qui pourtant y arrive, sur un plan exclusivement romanesque. Wed, 22 Aug 2007 00:00:00 -0400 http://tempszero.contemporain.info/document74 Trajets quotidiens et récits délinquants http://tempszero.contemporain.info/document79 Article de Michael Sheringham. Si l’expérience de la quotidienneté, qui préoccupe un philosophe comme Henri Lefebvre ou un écrivain comme Georges Perec, semble résister à l’emprise du roman, Michel de Certeau a pu mettre une réflexion sur le récit au cœur de son essai fondamental, L’invention du quotidien. En effet, les notions de « récits délinquants » ou d’« énonciations piétonnières », chez Certeau, fournissent des outils précieux pour l’élucidation du rôle du récit dans des textes qui interrogent le monde quotidien à partir de pérégrinations et de méditations urbaines, dont certains exemples majeurs sont traités ici : Un ethnologue dans le métro (Marc Augé), Journal du dehors (Annie Ernaux), Les passagers du Roissy-Express (François Maspero), La liberté des rues (Jacques Réda). Wed, 22 Aug 2007 00:00:00 -0400 http://tempszero.contemporain.info/document79 Le laminage de l’événement et du quotidien http://tempszero.contemporain.info/document78 Article de Émilie Brière. Dans L’adversaire, Emmanuel Carrère travaille l’opposition habituelle entre l’événement, qui se présente en saillie, et la vie quotidienne, qui constitue le creux morne et indéterminé. Ce laminage du quotidien et de l’événement se double d’un nivellement de la profondeur attribuée à la personnalité individuelle. L’impression de similitude des expériences vécues quotidiennement crée des identités collectives au sein desquelles l’individu peine à se constituer en sujet. En ce sens, L’adversaire donne à lire le quotidien non pas comme « un domaine intérieur, où règnent sécurité et confiance » (Bruce Bégout, La découverte du quotidien), mais comme le lieu d’une inquiétude irréductible et effarante. Wed, 27 Jun 2007 00:00:00 -0400 http://tempszero.contemporain.info/document78 Les trois vies de Lucie de Iegor Gran, ou comment sortir du quotidien http://tempszero.contemporain.info/document81 Article de Marie-Pascale Huglo. Les trois vies de Lucie de Iegor Gran est un roman à contrainte qui raconte trois Vies d’un couple moyen (la troisième version étant la somme des deux premières). Caractéristiques du retour au récit dans la littérature contemporaine, les Vies de Gran associent le motif du quotidien à la catégorie du romanesque, montrant en quoi le quotidien et le romanesque constituent un couple antithétique mais indissociable. Le quotidien est ici un lieu commun qui a plus à voir avec le langage courant et les catégories littéraires qu’avec une réalité insaisissable. Par là, Gran s’écarte des revendications réalistes propres à de nombreuses explorations du quotidien dans la littérature contemporaine. Dans ce contexte, la contrainte qui gouverne le roman n’est pas une simple prouesse ludique sans intérêt : elle contribue à renforcer l’intrication entre quotidien, langage, récit et procédés littéraires. Thu, 09 Aug 2007 00:00:00 -0400 http://tempszero.contemporain.info/document81 La contrainte des vingt-quatre heures http://tempszero.contemporain.info/document82 Article de Frances Fortier. L'article met en regard trois biofictions contemporaines qui relatent une journée particulière de la vie d'un écrivain : André Gide. Vendredi 16 octobre 1908 de Patrick et Roman Wald Lasowski (1992), Proust. Samedi 27 novembre 1909 d'Alain Buisine (1991) et Valéry. Jeudi 10 juin 1927 de Richard Jorif (1991). Au-delà de la contrainte des vingt-quatre heures, ces mises en récit du quotidien de l'autre, factices il va sans dire, font jouer les diverses dimensions du terme - la temporalité, la récurrence et l'insignifiant - par le biais de procédés énonciatifs, figuratifs et narratifs qui viennent en spécifier le registre. Wed, 27 Jun 2007 00:00:00 -0400 http://tempszero.contemporain.info/document82 Fuir le récit pour raconter le quotidien http://tempszero.contemporain.info/document84 Article de René Audet. Si l’on désigne communément la pratique des récits du quotidien, cette étiquette recèle néanmoins quelque problème conceptuel, par la cohabitation d’une forme (le récit) qui appelle la transgression de l’ordinaire  à travers une temporalité et un objet (le quotidien) qui se définit par ce caractère ordinaire. L’examen de trois cas, Enregistrements pirates de Ph. Delerm, Palomar d’I. Calvino et Étrange façon de vivre d’E. Vila-Matas, permettra de questionner la confusion habituelle entre récit et narrativité, d’établir comment l’arrimage est possible entre quotidien et narrativité, pour en venir à une réflexion sur les usages du narratif en littérature contemporaine. Mon, 27 Aug 2007 00:00:00 -0400 http://tempszero.contemporain.info/document84