Temps zéro http://tempszero.contemporain.info Revue d'étude des écriture contemporaines fr temps zéro, numéro 5 - Lacunes et silences de la transmission http://tempszero.contemporain.info/document707 Tout un pan de la littérature contemporaine est travaillé par les questions d’héritage et de transmission, comme en témoigne la critique qui s’est abondamment attachée à ces notions. Le présent dossier de la revue temps zéro interroge tout particulièrement la relation entre la transmission et ses échecs ou ses oublis, entre l'héritage et les traces de cet héritage. Les articles réunis ici donnent une idée de la prégnance de la transmission dans le champ de la littérature contemporaine. La transmission s’y joue non pas seulement dans les familles et à travers les générations, mais aussi ailleurs — autant dans l’espace du rêve et du fantasme que dans celui des mots et des écrits, tant dans les lectures et les rencontres au quotidien que devant la caméra et sur la scène théâtrale.Cet élargissement de la notion de transmission affecte en retour ce qu’on entend par héritage. Dans les œuvres ici à l’étude, l'héritage n'est pas uniquement compris dans la filiation biologique (ou génétique), dans ce qui se transmet entre les générations, mais aussi dans ce qui se transmet, au fil des années, d’une expérience, d'un événement. Ce que les articles montrent surtout, c’est que l’héritage n’est pas reçu passivement mais est à (re)construire par les héritiers et les héritières. Les lacunes et les silences de la transmission, en ce qu’ils déclenchent le travail de (re)constitution, peuvent ainsi être compris comme cela même qui rend possible — voire qui exige — la mise en œuvre de l’héritage.Ce numéro a été dirigé par Anne Martine Parent et Karin Schwerdtner.(photo : « Leviathan » d'Anish Kapoor, par Anne Martine Parent [détail]) Wed, 30 Nov 2011 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document707 Mourir/survivre. Lumières de Sarah Kane http://tempszero.contemporain.info/document710 Article de Martine Delvaux. L’article propose une lecture de la première et de la dernière œuvres de la dramaturge britannique Sarah Kane, Blasted et 4.48 Psychosis, afin de réfléchir sur son legs théâtral. En s’appuyant sur Survivance des lucioles de Georges Didi-Huberman (2009), le texte met en lumière le rapport à l’espoir qui émane de l’œuvre de Kane et de son pessimisme apparent. Delvaux voit, dans l’écriture fragmentée, sarcastique et provocante, non pas le testament d’une artiste cliniquement dépressive mais plutôt un ultime outil de résistance à la noirceur, un refus radical de cette posture cynique que lui attribuait la critique. Tue, 17 Jan 2012 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document710 Marie Nimier, au cœur du silence http://tempszero.contemporain.info/document712 Article de Joëlle Papillon. Dans La Reine du silence, Marie Nimier se confronte à la figure de son père, l’écrivain Roger Nimier, mort lorsqu’elle avait cinq ans. Elle y montre le poids qui pèse sur l’enfant d’écrivain, mais aussi celui de l’héritage du secret familial et de l’injonction au silence. La difficulté de l’élaboration de son récit de filiation se révèle dans les constants recommencements et reformulations, qui constituent la marque de la tension angoissante entre l’obligation de dire et celle de taire. Tue, 17 Jan 2012 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document712 Écrire "l’histoire [qui] n’existe pas" http://tempszero.contemporain.info/document714 Article de Evelyne Ledoux-Beaugrand. Les récits L’increvable Monsieur Schneck de Colombe Schneck et Primo de Maryline Desbiolles interrogent un passé familial lacunaire et s’emploient à remonter la trace d’ancêtres, anonymes au regard des grands événements de l’histoire, dont l’existence a été oblitérée par le secret et le passage du temps. Cet article analyse les modalités ainsi que les limites de l’enquête généalogique déployée par les narratrices de ces récits et se penche sur la posture de chiffonnière adoptée par ces dernières dans leur recherche d’un passé familial dont il ne reste que des vestiges. Tue, 17 Jan 2012 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document714 Héritages mortifères http://tempszero.contemporain.info/document716 Article de Anne Martine Parent. Les récits Nullipare (2008) de Jane Sautière et Un enfant à ma porte (2008) de Ying Chen mettent tous deux en scène des femmes qui se révèlent incapables d’être mères. Le présent article montre que cette incapacité à avoir un enfant vient du fait que pour les deux narratrices, la filiation est liée à la mort, à la perte et à l’absence ; dans les deux textes, un héritage mortifère fait rupture et empêche la filiation de se poursuivre. Tue, 17 Jan 2012 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document716 Présentation http://tempszero.contemporain.info/document805 Les notions de transmission et d’héritage sont au cœur d’une part importante de la production littéraire contemporaine, qu’on pense aux écrits relevant de l’archéologie de soi ou à ceux appartenant à un contexte postcolonial1. De même, la critique contemporaine s’est abondamment attachée à ces notions comme le montrent les travaux à ce sujet de Dominique Viart et de Laurent Demanze, pour ne nommer que ceux-ci, ainsi qu’un volume consacré à l’étude de ces notions dans l’écriture autobiographique, Transmission / héritage dans l’écriture contemporaine de soi (Jongy et Keilhauer, 2009), et un numéro d’Études françaises portant sur les « Figures de l’héritier dans le roman contemporain » (Demanze et Lapointe, 2009).S’inscrivant dans la lignée de ces recherches récentes, le présent dossier s’intéresse aux questions de l'héritage et de la transmission, et plus particulièrement à ce que Laurent Demanze a nommé, dans le prologue de son ouvrage intitulé Encres orphelines, les « apories contemporaines de l’héritage et les empêchements de la transmission » (2008 : 11). Prenant appui sur la proposition de Dominique Viart et Bruno Vercier, dans La littérature française au présent, stipulant que la transmission de l’héritage, dans la littérature contemporaine2, se fait dans l’absence de testament3, notre dossier entreprend d’examiner comment la transmission intègre ou traduit cela même qui fait lacune, Tue, 17 Jan 2012 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document805 "L’obscurité entre nous" http://tempszero.contemporain.info/document718 Article de Julie Crohas Commans. Dans Loin d’eux et Seuls, Laurent Mauvignier explore un huis clos familial où enfants et parents sont torturés par une transmission à laquelle manquent les mots. Tour à tour, les protagonistes témoignent à bout de souffle de leur malaise. Le silence envahit les discours et mutile le texte et les corps. Menacées par l’obscurité, les voix du récit luttent pour imposer leurs présences et leurs identités. Elles ne trouvent d’issue que dans leur unification, seul moyen de révéler le passage, testament silencieux d’une littérature en quête d’elle-même, au détour des dits et des non-dits de l’écriture de Laurent Mauvignier. Tue, 17 Jan 2012 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document718 Hier, ou comment transmettre les héritages http://tempszero.contemporain.info/document725 Article de Marilyn Randall. Dans ce roman-énigme, les héritages rompus et à transmettre sont d’abord celui des générations, surtout entre la mère et la fille, mais plus globalement celui du passé de l’humanité, les deux étant évoqués sous le signe de la rupture, de la perte et de l’oubli, d’où la nécessité d’un travail de transmission qui obsède les personnages du roman. C’est dans un « nous » à la fois énigmatique et indéterminé que se confondent le passé, le présent et le futur, la vie et la mort, la fiction et le réel, et la mémoire comme héritage rompu mais à restaurer. Qu’il s’agisse d’une mère et d’une fille disparue, des ruines du passé et du présent, ou du désir d’un Descartes agonissant de revoir sa fille décédée, le roman ne cesse de souligner la continuité du passé, du présent et de l’avenir. Et au fond de tout, il y a, comme toujours chez Brossard, la centralité de l’écriture et de la fiction comme première modalité de la transmission des héritages. L’expérimentation formelle, ici présente surtout dans la structure narrative du roman, est intimement liée à cette volonté de transmission : loin de bafouer l’héritage du passé philosophique, intellectuel et littéraire, l’inscription de cet héritage dans des formes nouvelles et souvent difficiles dans leur nouveauté donne à ce passé une forme et un sens nouveaux. Tue, 17 Jan 2012 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document725 Enquête, transmission et désordre dans La Seine était rouge de Leïla Sebbar http://tempszero.contemporain.info/document727 Article de Karin Schwerdtner. Le roman La Seine était rouge. Paris, octobre 1961 de Leïla Sebbar est le récit d’une enquête sur le massacre du 17 octobre 1961 dont l’histoire a été occultée par le pouvoir en place et tue par les familles des victimes. Cet article, qui s’inspire de l’articulation proposée par Arlette Farge entre récit d’histoire et silence des sources, montre que, chez Sebbar, toute forme de représentation ou de témoignage de cette journée de violence policière rend sensibles la lacune, le silence, l’oubli. Tue, 17 Jan 2012 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document727 De l’héritier au répondant http://tempszero.contemporain.info/document772 Article de Florence Traisnel. La saga des Péniel met en scène des personnages prisonniers d’un passé douloureux hérité de leurs ancêtres : c’est que la malignité du mal consiste à parasiter la transmission. Seule la révélation de la porosité humaine permet aux personnages d’échapper à cette logique infernale pour convertir leur passivité de légataire en responsabilité de répondant due à autrui et à un Dieu qui s’est dépouillé de ses forces et de son Verbe pour créer le monde. C’est le sens du silence de Dieu - vestige de ce geste de retrait divin - que Sylvie Germain cherche à nous transmettre. Tue, 17 Jan 2012 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document772 temps zéro, numéro 4 - Mises en œuvre de la relation biographique http://tempszero.contemporain.info/document613 La relation qui se tisse entre un biographe et son sujet, au sein de l’espace dialogique et médian que constitue toute écriture biographique, se noue et se dénoue de façon complexe. Parler d’un écrivain, d’un artiste ou d’un penseur qui nous a précédé, essayer de comprendre sa vie par son œuvre (ou l’inverse), implique nécessairement de prendre position par rapport à cette figure tutélaire, ou encore par rapport à la tradition littéraire, artistique ou philosophique qu’elle incarne.Mais au delà de ces enjeux institutionnels, au delà même de l’identification, de l’appropriation ou de la répulsion que peut susciter la classique mécanique des affinités électives, la relation biographique tend – en particulier dans le contexte des écritures contemporaines – à se déployer sur d’autres plans : elle investit désormais tous les aspects du texte, donnant ainsi lieu à un large éventail de configurations discursives.C’est cette variété de postures d’écriture, en tant qu’elles apparaissent emblématiques d’une part importante des pratiques littéraires actuelles, que le présent dossier de la revue temps zéro souhaite explorer. À cet effet, les cinq articles et l’essai réflexif qui suivent envisagent la relation biographique sous l’angle de sa mise en œuvre ; dans tous les cas, il s’agit d’interroger les frontières (socio-historiques, culturelles, institutionnelles, disciplinaires) et les médiations (génériques, esthétiques, thématiques, médiatiques) qui entrent en jeu dans la production biographique contemporaine. Ce numéro a été dirigé par Manon Auger et Audrey Lemieux.(photo : extrait, « Mystery Writers », Nanagyei, licence CC) Tue, 14 Dec 2010 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document613 Quand la relation biographique vole en éclats http://tempszero.contemporain.info/document632 Article de Frances Fortier. L’ouvrage récent de Guylaine Massoutre, Renaissances. Vivre avec Joyce, Aquin, Yourcenar présente, à la faveur d’une prose échevelée et lyrique, volontiers baroque, le parcours d’une biographe fictive, elle-même personnage d’une fiction d’Aquin, sur les traces des figures littéraires qui ont déclenché son envie d’écrire. L’étude entend montrer comment cet ouvrage joue avec finesse des ancrages générique, énonciatif, culturel et esthétique de l’exercice biographique. Tue, 14 Dec 2010 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document632 Inlassablement raconter l’autre et le passé http://tempszero.contemporain.info/document622 Article de Manon Auger. L’œuvre de Peter Ackroyd est traversée par une relation au biographique à la fois simple et complexe. D’une part, s’y trouve un désir d’exalter le passé culturel mythique de l’Angleterre qui lui permet de s’inscrire dans une filiation où l’héritage « palimpsestueux » est pleinement assumé et revendiqué. D’autre part, se dessine à travers cette œuvre une volonté d’investir tous les types de discours biographiques afin de renouveler sans cesse non pas tant le dire biographique lui-même que la forme et la manière de dire et de raconter son rapport fondamental au biographique. En s’appuyant sur l’examen de deux romans d’Ackroyd (The Great Fire of London et Hawksmoor), il s’agit de voir comment, à travers des formes énonciatives diverses, Peter Ackroyd reconduit sa vision du biographique, à savoir que le présent n’est toujours qu’un surgissement et une répétition du passé mais sous une nouvelle forme et que la relation (au) biographique, même vécue sous un mode ludique, achoppe immanquablement sur une impossibilité de véritablement saisir et dire l’autre. Tue, 14 Dec 2010 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document622 Présentation http://tempszero.contemporain.info/document614 Dire l’Autre, le raconter par le geste biographique, n’est pas un acte intéressé ni, du reste, à sens unique. Au delà de l’identification, de l’appropriation ou même de la répulsion que peut susciter la mécanique des affinités électives, les enjeux qui président au contact d’un biographe à son biographé engagent un « échange dialectique entre au moins deux vies et deux “autorités” » (Regard, 1999 : 16). Par conséquent, il faudrait concevoir toute relation biographique comme étant « l’écriture du rapport complexe et singulier qu’entre­tiennent un biographe et son sujet » (Dadoun, 2000 : 43), rapport qui se donnerait à lire à la fois en tant que « lien critique » (Boyer-Weinmann, 2005 : 358) et écriture de ce lien. Dans le contexte actuel, où la reconsidération de « l’illusion biographique » (Bourdieu, 1986) oblige les biographes à questionner leur pratique, la mise en œuvre de cette relation semble appeler des configurations discursives spécifiques – et chaque fois singulières – au sein de l’espace dialogique et médian que constitue toute pratique biographique.Alors que la relation du biographe à son modèle, dans certains cas, semble vouloir se dire, paradoxalement, par omission – beaucoup de biographies s’érigeant sur le topos de la modestie, voire de l’inexistence de celui qui écrit –, dans d’autres cas, le lien qui les unit occupe le premier plan, devenant un constituant fondamental Tue, 14 Dec 2010 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document614 Vis-à-vis : Antonio Tabucchi et Fernando Pessoa http://tempszero.contemporain.info/document645 Article de Audrey Lemieux. Comment un écrivain écrit-il à propos d’un autre écrivain – non seulement l’histoire d’une vie, mais la singularité, la vérité particulière d’un homme ? Cet article examine les différentes stratégies par lesquelles l’écrivain-biographe Antonio Tabucchi, dans ses fictions biographiques, parvient à mettre en scène le personnage de Fernando Pessoa, malgré la distance qui les sépare – distance qui semble reposer, à première vue, sur des enjeux culturels, mais qui se révèle être essentiellement ontologique. Tue, 14 Dec 2010 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document645 Le biographe salvateur http://tempszero.contemporain.info/document655 Article de Robert Dion. Cet article vise à aborder la relation biographique comme rémunération d’une « injustice » commise à l’égard de l’écrivain biographié ou de son entourage. À travers l’analyse de trois exemples d’écrits biographiques — Alabama Song de Gilles Leroy sur Zelda Fitzgerald, La vocation du bonheur de Karin Reschke sur Henriette Vogel et Le médecin de Lord Byron de Paul West sur John Polidori — où il s’agit de réparer un oubli non mérité, une occultation volontaire ou encore une méprise fondamentale, je tenterai de cerner les enjeux d’une entreprise qui, à distance, vise à réhabiliter des figures historiques tout autant qu’à s’inscrire en faux contre les forces qui les marginalisent, notamment au sein des biographies des « héros » de l’histoire littéraire. Tue, 14 Dec 2010 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document655 Quignard et La Bruyère http://tempszero.contemporain.info/document673 Article de Anne-Marie Clément et Caroline Dupont. Dans Une gêne technique à l’égard des fragments. Essai sur Jean de La Bruyère, Pascal Quignard propose une biographie partielle et fragmentée de l’auteur des Caractères, entremêlée à une réflexion sur le fragment. En nous arrêtant aux options formelles retenues par Quignard (les enjeux de la coexistence du récit biographique et de l’essai réflexif, l’écriture fragmentaire) et aux diverses postures de biographe-chroniqueur, d’essayiste ou d’écrivain d’un biographème imaginaire qu’il adopte, nous tenterons de saisir comment Une gêne technique, à travers la mise en œuvre d’une relation biographique singulière, donne à lire, en sous-texte des propos du biographe sur le biographé, ce que le biographé permet de révéler du biographe. Tue, 14 Dec 2010 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document673 Document — Ce bel errant qui me parlait http://tempszero.contemporain.info/document683 Il est loin ce travail d’écriture, cette série de dix émissions produite en 1996 pour la chaîne culturelle de Radio-Canada et cette biographie imaginaire d’Arthur Buies, chevalier errant publiée plus tard aux Éditions Nota Bene, si loin déjà. Voilà un singulier mouvement que celui de la pensée qui doit revenir sur ses pas pour retracer la genèse d’un texte. Force est de reconnaître combien la mémoire capricieuse, avec son long cortège de revenants et de gisants, risque d’influer sur mes propos tant elle subvertit le réel et le remplit à ras bord d’échos et de mirages. J’écris, j’invente ; certains jours je me perds avec délices dans l’envoûtant et impé tueux chant des mots, si bien que la vérité sans sa part de songe, la réalité désenchantée perd peu à peu, pour moi, son intérêt. Écrire, tel que je le conçois, me permet tantôt de magnifier l’existence, tantôt de mettre en forme le dispersé pour essayer de trouver sur terre une direction, un sens que cette boule qui tourne sur elle-même n’a pas, n’a plus. Écrire, comme fouiller les âmes. Ausculter leur lot de contradictions et d’obscurités avec l’espoir tout bête de les comprendre et d’habiter autrement la planète. Mon ambition secrète : arracher du sol en friche, au creux de ses fosses les plus déshéritées, une empreinte où nouer parole et acte, histoire de rompre ainsi la matité de nos jours et leur invraisemblable désuétude. Écrire : n’être Tue, 14 Dec 2010 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document683 temps zéro, numéro 3 - Enrique Vila-Matas : miroirs de la fiction http://tempszero.contemporain.info/document497 Figure récente de la littérature contemporaine, l'écrivain catalan Enrique Vila-Matas nous propose une œuvre fictionnelle dense. Riche en jeux de miroirs, à la frontière du régime autobiographique mais sans jamais y basculer, cette œuvre nous conduit à réfléchir aux glissements autorisés par la fiction, à son pouvoir. Elle mobilise notamment la littérature, qui devient non seulement un milieu où situer ses protagonistes, mais en fait également un motif d'obsession, que ce soit en regard de l'histoire littéraire et de ses figures magistrales, de son éventuelle disparition ou encore de son rapport avec la vie. Personnages, narrateur et auteur, en une sorte de brouillage énonciatif constant, posent incessamment la question du lien entre littérature et réel.Dans ce numéro de temps zéro, qui se veut une contribution fondatrice des études sur l'œuvre d'Enrique Vila-Matas en français, six articles interrogent la poétique narrative, les motifs récurrents et le rôle de la fiction dans quelques-uns des textes romanesques les plus récents de l'écrivain. Le dossier se clôt par une entrevue inédite avec cette figure maintenant plus grande que l'auteur lui-même.Ce numéro a été dirigé par René Audet. Mon, 06 Dec 2010 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document497 Quand le sujet se dérobe http://tempszero.contemporain.info/document499 Article de Viviane Asselin et Geneviève Dufour. La digression, en plus de constituer un ressort essentiel d’Étrange façon de vivre d’Enrique Vila-Matas, s’avère opératoire pour penser les miroirs de la fiction, en ce qu’elle constitue un moyen de diffraction particulièrement fécond. Le narrateur multiplie les stratégies de fuite et de brouillage qui le mènent sinon à sa perte, du moins à son effacement dans les frontières internes du roman. Travaillant notamment à la dilatation de la temporalité, la digression mobilise également la fiction pour en forcer les limites. Étrange façon de vivre s’élabore ainsi sur le mode de la dérive à la fois narrative et fictionnelle, les deux dimensions étant solidement liées l’une à l’autre. Mon, 06 Dec 2010 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document499 Enrique Vila-Matas sur la ligne d’ombre http://tempszero.contemporain.info/document502 Article de Emmanuel Bouju. Cet article évoque, à travers deux exemples tirés du roman París no se acaba nunca et de la nouvelle intitulée « Iluminado » dans Exploradores del abismo, la façon dont un mot de passe (« Savannakhet » ou « Paraguay ») permet à Enrique Vila-Matas de définir et exercer une identité propre, constitutive à la fois de l’écrivain et de l’homme vivant. Qu’il s’agisse d’entrer dans l’âge de l’ironie démocratique depuis le refuge d’une chambre de bonne chez Marguerite Duras à Paris, ou qu’il s’agisse de sortir de l’enfance au détour des Ombres d’un Paseo de Barcelone, le processus est le même, qui montre le visage de la réalité sur le masque de la citation. Mon, 06 Dec 2010 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document502 De la quête de soi à la quête du récit http://tempszero.contemporain.info/document504 Article de Roxana Nadim. El Viaje vertical est tout d’abord un voyage à travers l’intériorité d’un personnage original : Federico Mayol, un vieil homme dont la vie paisible et conventionnelle est soudainement secouée par des bouleversements existentiels profonds. Pour se ressaisir, le personnage entreprend un voyage initiatique où l’errance géographique se mêle à une quête intérieure, donnant ainsi à l’œuvre des allures de roman d’apprentissage. Or le lecteur découvre peu à peu qu’il est face à un récit spéculaire dont l’enjeu est la création romanesque en elle-même. Ainsi le Bildungsroman d’un vieil homme devient aussi un Künstlerroman relatant la formation d’un écrivain. Mon, 06 Dec 2010 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document504 Disparaître dans la fiction http://tempszero.contemporain.info/document506 Article de Charline Pluvinet. Cet article s’attache à explorer dans Docteur Pasavento les modalités et les enjeux d’une réinvention fictionnelle de soi qui se déploie selon un dispositif complexe : le personnage éponyme, qui orchestre sa propre disparition pour se donner de nouvelles identités fictives, est lui-même une projection de l’écrivain. Se réalise dans le roman une alliance entre l’aspiration à disparaître et le désir de rendre indistinctes fiction et réalité, que nous proposons d’éclairer par la métaphore carrollienne de la traversée du miroir où ces mouvements se conjuguent. Il s’agira de rendre perceptible la dynamique fictionnelle qui anime l’écriture romanesque d’Enrique Vila-Matas. Mon, 06 Dec 2010 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document506 Quand la littérature se souvient d’elle-même http://tempszero.contemporain.info/document508 Article de Annie Rioux et Simon Brousseau. La mémoire de la littérature, dans l’œuvre de l’écrivain catalan Enrique Vila-Matas, rend nécessaire une réflexion sur la portée référentielle de l’intertextualité. Cette analyse du roman Paris ne finit jamais permet de saisir que la réécriture, les allusions à certaines figures et postures littéraires agissent comme véritable interface entre le sujet-narrateur et sa réalité. L’imaginaire de la littérature qui prend forme dans ce roman entraîne une forme de circularité où le sujet, en manifestant un rapport au réel médiatisé par les lettres, développe également, en creux, une réflexion où l’histoire littéraire est soumise à une refonte éminemment subjective. Mon, 06 Dec 2010 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document508 Les derniers mots http://tempszero.contemporain.info/document510 Article de Marcos Eymar. Le motif littéraire des derniers mots chez Vila-Matas reflète la complexité des relations du langage avec la mort. Dans ses premières œuvres, la conception de la fin s’éloigne de la quête chrétienne de salut éternel ou de la visée éthique des stoïciens, pour s’intéresser à la mort en tant qu’élaboration artistique individuelle, propice à l’ironie et le faux-semblant. À partir de Bartleby et compagnie, l’importance accordée à l’aspect comique de la mort-événement se double d’un intérêt pour la disparition de l’auteur qui exprime la recherche d’une forme de transcendance capable de mettre fin à la dérive infinie de l’écriture. Le mal de Montano tente de dépasser ce conflit métaphysique à travers une nouvelle préoccupation éthique : la mort de la littérature.    Mon, 06 Dec 2010 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document510 Annexe — Entrevue inédite avec Enrique Vila-Matas http://tempszero.contemporain.info/document529 Obtenir une entrevue avec l’écrivain barcelonais Enrique Vila-Matas depuis la publication de son dernier roman, Dublinesca, paru à l’hiver 2010, tient de l’exploit. En effet, celui-ci, à l’instar des écrivains qui peuplent ses romans, tente par tous les moyens de se transformer en coup de vent, ce qui se confirme avec son dernier protagoniste Samuel Riba, qui renonce à sa carrière d’éditeur pour partir à Dublin sur les traces de Joyce et de Beckett. C’est un appel téléphonique à Paula de Parma, sa femme, qui a permis à Robert Derain de joindre l’auteur réfugié depuis quelques mois à Lokunowo. Derain a bien voulu nous transmettre la transcription de son entretien réalisé au mois de janvier dernier afin que nous puissions la publier dans ce dossier entièrement consacré à l'auteur catalan.Robert Derain — A priori, il est paradoxal que votre acte de naissance en tant qu’écrivain aille de pair avec la mise à mort du lecteur. Mais, à lire les œuvres qui suivent La lecture assassine, dont Imposture et Une maison pour toujours, on comprend que la mort — ou, plutôt, qu’un renoncement à la vie — n’épargne pas davantage l’écrivain. Au terme d’Imposture, le personnage découvre « que son penchant pour l’écriture [l’enchaîne] pour la vie au plus noble, mais également au plus implacable des maîtres ». Bref, votre entrée en littérature semble marquée par une certaine forme de renoncement à la fois volontaire et Mon, 06 Dec 2010 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document529 Présentation http://tempszero.contemporain.info/document531 Le champ de la littérature contemporaine, aussi vaste soit-il, aussi nombreux soient les romans publiés à chaque rentrée, est néanmoins défini par un certain nombre de figures qui le caractérisent. Ces figures, fortes et parlantes, incarnent souvent tout un pan de la production — par leur illustration de certaines obsessions, de postures récurrentes, de thématiques en vogue. Leur élection demeure souvent l'affaire de quelque conjoncture imprévisible, d'un momentum impossible à planifier. Non pas que ces figures ne méritent pas leur statut, au contraire ; néanmoins, il aurait été difficile d'annoncer leur destin à partir de la seule lecture des œuvres.Si l'on connaît bien les Jean Echenoz, Philip Roth, Annie Ernaux, Will Self et autres Houellebecq du contemporain, de nouvelles figures émergent peu à peu. C'est à l'évidence le cas d'Enrique Vila-Matas, d'abord dans la sphère hispanophone, mais également dans le monde francophone. Écrivain prolifique, il s'impose dans les lettres actuelles notamment avec l'ambigu Bartleby et compagnie, qui lui fait obtenir le Prix du Meilleur Livre Étranger en 2002 (catégorie essai...), ainsi qu'avec Le mal de Montano, Prix Médicis du roman étranger en 20031. Alors que ses œuvres sont traduites dans une trentaine de langues, il continue son activité de chroniqueur dans les journaux et prononce, comme ses protagonistes romanesques, de nombreuses conférences. Figure active et visible de la littérature Mon, 06 Dec 2010 00:00:00 -0500 http://tempszero.contemporain.info/document531