Björn-Olav Dozo et Denis Saint-Amand

Une poétique de l’escorte

De l’usage de la préface pour construire son identité éditoriale

1 Plusieurs jeunes maisons d’édition développant une politique éditoriale de traduction en français de textes anglais sont apparues ces dernières années en France. Le format de leurs livres et leur charte graphique reconnaissable au premier coup d’œil leur ont construit une identité visuelle forte et homogène. Au-delà des objets ainsi produits, on remarque chez ces éditeurs une volonté de publier un contenu éditorial tout aussi identifiable. Parmi les moyens mis en œuvre pour forger une identité spécifique, les préfaces accompagnant une large majorité de ces textes traduits jouent un rôle essentiel : si, classiquement, ces discours d’escorte présentent et incitent à lire le texte qu’ils précèdent, ils participent aussi à l’élaboration de la singularité de la maison d’édition, à partir de jeux d’échos, de codes particuliers et d’une contextualisation orientée. De textes introduisant une œuvre, parfois lus pour eux-mêmes mais, le plus souvent, inféodés à celui qui les suit, ces préfaces entrent en résonance avec leurs homologues d’autres volumes de la collection ou de la maison d’édition. Afin de comprendre cette réverbération inter-textuelle, nous proposons de capturer les échos de deux de ces maisons, de prêter attention à cette polyphonie de voix tout en soulignant l’harmonie qui s’en dégage, leur conférant leur identité éditoriale.

Affirmer l'utilité politique actuelle

2Fondée au départ sur les formes courtes (moins de 160 pages), la collection « Penser/croiser1 » publie des textes qui sont explicitement décrits sur le site comme n’étant pas « militants », mais plutôt « théoriques, rigoureux et audacieux, qui transgressent les frontières disciplinaires ». Néanmoins, le corpus constitué par cette collection semble très clairement orienté vers un usage politique des sciences humaines et sociales. Ce passage depuis des « intentions de textes » à des « intentions éditoriales » s’opère par les préfaces et introductions accompagnant très régulièrement les traductions. Ces préfaces élaborent une construction d’identité éditoriale spécifique (l’utilité politique actuelle), qui va jusqu’à assumer les contradictions de son dialogisme au sein de l’appareil critique (préface et postface se répondant2). Par là s’observe la mise en œuvre d’un ethos de maison d’édition prospective, ouverte à la critique (même endogène) et réfractaire à la pensée unique. Pour le dire autrement, cette transformation de l’espace préfaciel en tribune ouverte constitue également une façon de se distinguer dans le milieu de l’édition des sciences humaines en préférant la confrontation à l’éloge.

3Certains textes liminaires vont jusqu’à rendre explicites cette lecture orientée : par exemple, la postface de Jean-Jacques Lecercle à Culture et matérialisme (2009), et intitulée « Lire Raymond Williams aujourd’hui ». Elle s’ouvre sur une interrogation qui pourrait valoir pour tous les textes issus d’un des deux corpus privilégiés par la collection3 : « Pourquoi continuer de lire Raymond Williams vingt ans après sa mort ? Pourquoi traduire aujourd’hui des textes qui ont trente ans d’âge, et parfois plus ? » (Lecercle, 2009 : 5) Des thématiques récurrentes au sein des préfaces de la collection soulignent l’utilité dans l’espace public contemporain des textes traduits. Cette actualisation de la lecture correspond en fait à la position interprétative défendue par Yves Citton, dans un livre paru aux éditions Amsterdam en 2007, Lire, interpréter, actualiser. Pourquoi les études littéraires ?. Il y propose une forme de défense et illustration des études littéraires sous l’angle de leur utilité sociale fondée sur une lecture actualisante des textes. Préfacé par François Cusset, l’un des directeurs de la collection « Penser/croiser » d’ailleurs lancée la même année, ce livre peut être lu comme une théorisation de la poétique préfacielle mise en place au sein de la collection.

4Cet « effet de collection » montre la nécessité de « lire en série » des textes – les préfaces – en apparence isolés, inféodés à première vue aux textes qu’ils introduisent. Explicitations de politique éditoriale, justifications de choix de catalogue, ils charrient ensemble un imaginaire particulier, donnant une teinte identifiable à des corpus qui pourraient, sans eux, sembler bigarrés et hétérogènes. Textes de nombreux auteurs, prises de position à plusieurs mains, ils mettent en place, par leur répétition et leur complémentarité, une tonalité éditoriale collective et pourtant, paradoxalement, unique, qui constitue la trace la plus spécifique de l’œuvre d’un éditeur.

La préface comme signe d'appartenance à la famille

5Des Confessions d’un loser de Mark SaFranko à Tais-toi ou meurs de Mark Oliver Everett (également chanteur d’Eels à ses heures), en passant par l’anthologie collective du Livre des fêlures (31 histoires cousues de fil noir), les volumes de l’éditeur 13e Note4 sont fréquemment portés par des discours d’escorte qui, sous la forme de la « Préface », de l’« Avant-propos », de l’« Introduction » ou de l’apostrophe originale « au lecteur français », tendent à renforcer la cohérence de la maison d’édition en en livrant un autoportrait en mosaïque.

6Ces « seuils » conduisent en effet à l’œuvre en assumant au sujet de cette dernière un métadiscours qui permet également le développement d’une certaine image de soi. Dans le cas de la maison 13e Note, les différentes mises en scène qui se développent dans le paratexte concernent ponctuellement les auteurs dont les textes sont présentés, mais, à travers eux, c’est aussi, plus globalement, le catalogue qui se voit peu ou prou assimilé à une grande famille, internationale et francophile. La représentation de cette cohésion s’observe dans le discours de présentation de la maison d’édition, qui, sur son site officiel, justifie son nom par la formule suivante : « La “13e Note”, c’est la musique suprême, l’inaccessible idéal qui inspire nos auteurs. » Façon d’inférer que cette dénomination a été choisie par les écrivains eux-mêmes, dont le rôle au cœur de la maison se trouve en cela accru. La thématique familiale, explicite quand elle se manifeste dans la publication de textes qui se donnent à lire comme des chroniques (dont Tais-toi ou meurs de Mark Oliver Everett, où le chanteur d’Eels expose les heurs et malheurs des siens, ou Dommages collatéraux de Dan Fante, sous-titré L’héritage de John Fante et qui retrace la trajectoire d’un père qui n’a pas toujours joui du statut qui est aujourd’hui le sien), investit largement le discours d’escorte, sous des formes variées.

7Certaines préfaces sont de la sorte prises en charge par des membres de la famille des auteurs : c’est notamment le cas pour De sueur et de sang de F.X. Toole, introduit par la fille de l’ancien boxeur (Boyd, 2012 : 13-15), et pour le recueil de poèmes De l’alcool dur et du génie, de Dan Fante, préfacé par la mère de ce dernier, Joyce Fante (2010 : 9). Au cœur même des préfaces, la dimension familiale occupe également une place importante. Quand il narre les pérégrinations qui lui ont permis de retrouver Jake LaMotta et d’obtenir le droit de republier l’autobiographie romancée Raging bull en français, le directeur de la maison d’édition, Éric Vieljeux, évoque le bref échange téléphonique qu’il a avec l’épouse de LaMotta : « C’est Denise LaMotta, dernière épouse de Jake, qui décroche. Elle me signale qu’il est très cavalier d’appeler son mari (même de France) un dimanche matin pour parler boulot » (Vieljeux, 2013 : 9). Cette anecdote peut sembler anodine, mais elle n’est pas dépourvue de signification : ce qu’elle affirme, sans avoir l’air d’y toucher, c’est que les auteurs de 13e Note sont des individus puissamment liés aux leurs et que ceux-ci ont voix au chapitre en ce qui concerne la gestion des événements. Du même coup, elle induit également que ces auteurs ont une vie autre que littéraire et que si leur écriture est une nécessité, elle n’est en rien liée à un investissement dans le milieu littéraire – dans le jeu ou dans le champ, aurait dit Pierre Bourdieu.

8Le dernier élément de cette dimension familiale déployée au cœur du paratexte, enfin, est directement lié à une logique purement réticulaire : au sein même de la maison, les différents auteurs n’hésitent pas à manifester leur allégeance les uns à l’égard des autres par le biais de marques de soutien préfacielles et volontiers encomiastiques. S’ils permettent habituellement un transfert de capital symbolique vers un écrivain émergent, ces témoignages fraternels ne sont pas forcément, chez 13e Note, le fait d’auteurs consacrés. Heidi James, qui est présente dans l’anthologie collective du Livre des fêlures, introduit de cette façon avec admiration le recueil Nouvelles d’Écosse de Laura Hird, son aînée, qui avait auparavant elle-même « publié [les] nouvelles [de James] sur son site Internet » (James, 2012 : 9). Manière de faire en sorte que l’équipollence des différents contributeurs soit respectée, et de renforcer, en cela, l’homogénéité de l’ensemble : 13e Note veut faire bloc et l’entraide, loin d’une émanation des seuls mieux lotis, est ici supposée générale. Mieux, quand Dan Fante, figure de proue du catalogue, accorde son soutien à Mark SaFranko (soit l’un des auteurs qui, depuis, s’est lui-même imposé comme l’un des fers de lance de 13e Note), c’est au prix d’une poétique de l’éloge, qui voit pratiquement le premier, doté d’une réputation solide (qui ne se fonde pas uniquement sur son héritage paternel), s’inféoder au second :

D’écrivain, je n’en connais pas de plus tenace que ce fils de pute. Parce que nous partageons la même profession et beaucoup des mêmes émotions, je peux vous dire qu’il y a des jours où je préférerais mâcher du verre d’ampoule que me caler le cul devant un clavier d’ordinateur. SaFranko, non. […] Je sais pourquoi j’écris. J’écris parce que je dois. Je peux pas m’arrêter. Je suis poussé par la rage, la folie et une ambition dévorante. Mark SaFranko effraie les gens comme moi. Je crois bien qu’à choisir, ce gars-là préférerait écrire que respirer. J’envie son talent et son engagement (Fante, 2009b : 11-12). 

9Dans cet extrait, où se multiplient les marques d’oralité produisant un effet de « parler vrai », transparaît également la pulsion et la tare qui caractérise la famille 13e Note : quand il évoque sa propre « rage » et le besoin pathologique de noircir du papier de SaFranko (dont la production encore inédite est impressionnante5), Dan Fante prolonge la teneur de l’œuvre qu’il présente en prêtant directement à SaFranko, dans le paratexte, l’« engagement » de son double fictif, Max Zajack. En cela, Fante, comme d’autres préfaciers du catalogue, fait sortir de la fiction l’imaginaire de la malédiction littéraire6, qui s’actualise en autant de figures du malheur, de la marginalité et de la solitude, conjuguées à l’impossibilité de ne pas écrire. C’est là, en effet, le trait d’union majeur entre les différents auteurs de la maison, dont la particularité est d’être une famille maudite, selon le mot de Rimbaud, et de se donner à voir comme telle, à travers le sentiment d’abandon et l’errance sous influences vécus par leurs auteurs, la possible violence de leur révolte, leur énergie et leur refus de se conformer au monde tel qu’il va. L’avant-propos de Joyce Fante à l’un des recueils de son fils constitue l’une des illustrations les plus emblématiques de cet ethos qui, s’actualisant particulièrement dans l’œuvre en question, n’en est pas moins collectif :

Entre les mains pas si gentilles de Dan Fante, la poésie tient plus de la chirurgie ou de la salle de musculation que de la peinture ou de la musique. Fante coupe des tranches de vie et nous les met sous le nez. Souffrance et autodérision sont les outils de l’écrivain. Il ouvre son cœur avec la tendresse d’un marteau ou d’une paire de tenailles. D’ailleurs, quoi de plus ego-raboteur que d’abdiquer toute prétention et d’étaler sa viande crue, celle qu’on cache ? (Fante, 2010 : 9)

10La mise à nu de l’échec dans le discours d’escorte assure autant l’homogénéité de la collection que, paradoxalement, son succès. Car si toute occasion est bonne pour l’évocation de la déréliction vécue7 ou de problèmes passés8, ces ratages ne demeurent pas sans gloire : ce sont eux qui permettent à leurs auteurs souvent tenus à l’écart des grands lieux de publication et de diffusion dans leurs pays d’origine de tirer leur épingle du jeu dans le domaine français qui, toujours sous le charme du « rater mieux » beckettien, des foirades de Bukowski et des confessions érotomanes désespérées d’Henry Miller, reste très sensible aux mésaventures des écrivains étrangers attirés par la France9.

Notes

1  Apparue en 2007 en proposant des traductions d’auteurs tels que Fredric Jameson, Wendy Brown, Mike Davis ou encore Stanley Fish, la collection « Penser/croiser », dirigée par François Cusset et Rémy Toulouse, se donne pour ambition de « renouveler la théorie critique », comme la présentation de la collection le pose clairement sur le site des éditions Les Prairies ordinaires.

2  La préface de Citton au volume de Stanley Fish, Quand lire c’est faire, mettant en pratique, de belle manière, le mode opératoire de la lecture actualisante chère à la collection, est accompagnée dans le même volume d’un texte plus surprenant : une réaction de Stanley Fish lui-même à la préface de Citton, qui prend de grandes distances avec la lecture de Citton.

3  Toujours sur la page de présentation de la collection sur le site Internet des Prairies ordinaires (http://www.lesprairiesordinaires.fr/), on lit : « Nous nous sommes attachés à travailler sur deux corpus de textes : d’un côté, des textes fondamentaux écrits au cours de ces trente dernières années et qui continuent d’animer actions et débats, engagements théoriques et pratiques ; de l’autre, des textes écrits aujourd’hui qui tentent de bouleverser les frontières établies. »

4  Lancée en 2008, la maison d’édition française 13e Note fonde son catalogue sur un ensemble de lignes de force articulées autour de la marginalité. La devise de la maison en donne le ton : « Auteurs extrêmes sous haute tension ». Il s’agit de réunir sous cette bannière quelques figures de l’underground anglo-saxon et latino jugées emblématiques (Dan Fante, Mark SaFranko, Tony O’Neill, F.X. Toole, mais aussi Julián Herbert ou Efraim Medina Reyes) et de faire circuler parmi le lectorat français des textes portés par des logiques de confession sincère.

5  « Écoutez plutôt ces statistiques : cent nouvelles, dont cinquante déjà parues. Un carton plein d’essais et de poésie. Et dix romans achevés, dont huit encore à paraître. Douze pièces de théâtre, certaines produites à New York, d’autres montées en Irlande. SaFranko écrit aussi des chansons, cent cinquante à ce jour » (Fante, 2009b : 11).

6  Voir à ce sujet Pascal Brissette (2005) et Pascal Brissette et Marie-Pier Luneau (à paraître).

7  Ainsi des remerciements de Barry Graham, en prélude à Les nuits blanches d’Édimbourg, qui s’ouvrent sur une formulation équivoque, où l’euphorique côtoie directement le dysphorique : « Certaines personnes ont rendu mon installation aux États-Unis moins brutale qu’elle aurait dû être, certaines personnes m’ont montré la lumière dans les moments sombres » (Graham, 2012 : 17).

8  Par exemple : « Dan Fante a débuté sa carrière littéraire vers l’âge de quarante-cinq ans, fort d’une expérience approfondie de l’alcoolisme. Selon ses propres termes : “Je suis allé à une fête de Noël en 1964, et j’ai cessé de boire lors de la première semaine de 1986” » (Fante, 2009a : 11).

9  Un Mark SaFranko en est bien conscient, qui, dans sa note « Au lecteur français », joue habilement la carte francophile : « J’ai toujours dit en rigolant à ma femme que ma seule ambition en tant qu’écrivain était d’être “un dieu en France”. […] En fait, je ne rigolais qu’à moitié en disant ça, parce que la grande majorité de mes artistes préférés – qu’ils soient peintres, compositeurs, cinéastes, écrivains – sont français […]. Tout ceci pour vous dire que c’est un honneur indicible pour moi de figurer aujourd’hui, et pour aussi longtemps que les Parques le jugeront nécessaire, chez les libraires de France, mon petit cul posé sur la même étagère que certaines de mes idoles » (SaFranko, 2009 : 7-8).

Bibliographie

BOYD, Erin Patricia (2012), « F.X. Toole, mon père », préface à F.X. TOOLE, De sueur et de sang, Paris, 13e Note (Pulse), p. 13-15.

BRISSETTE, Pascal (2005), La malédiction littéraire. Du poète crotté au génie malheureux, Montréal, Presses de l’Université de Montréal (Socius).

BRISSETTE, Pascal, et Marie-Pier LUNEAU (à paraître) (dir.), Deux siècles de malédiction littéraire, Liège, Presses de l’Université de Liège (Situations).

FANTE, Dan (2009a), Bons baisers de la grosse barmaid, Paris, 13e Note, 2009.

FANTE, Dan (2009b), « Préface », dans Mark SAFRANKO, Putain d’Olivia, Paris, 13e Note, p. 11-12.

FANTE, Joyce (2010), « Avant-propos », dans Dan FANTE, De l’alcool dur et du génie, Paris, 13e Note, p. 9.

GRAHAM, Barry (2012), « Avant-propos », dans Les nuits blanches d’Édimbourg, Paris, 13e Note (Pulse), p. 17.

JAMES, Heidi (2012), « Préface », dans Laura HIRD, Nouvelles d’Écosse, Paris, 13e Note (Pulse), p. 9-11.

LECERCLE, Jean-Jacques (2009), « Lire Raymond Williams aujourd’hui », postface à Raymond  WILLIAMS, Culture et matérialisme, Paris, Les Prairies ordinaires (Penser/croiser), p. 231-248.

SAFRANKO, Mark (2009), Putain d’Olivia, Paris, 13e Note.

VIELJEUX, Éric (2013), « Comment nous avons publié Raging bull », préface à Jake LAMOTTA, Raging bull, Paris, 13e Note (Pulse), p. 8-9.

Notice biobibliographique

Björn-Olav Dozo est assistant et maître de conférences à l'Université de Liège. Auteur de La vie littéraire à la toise (Le Cri, 2010) et de Mesures de l'écrivain (PULg, 2011), il s'est spécialisé dans les humanités numériques et la sociologie de la littérature.
Denis Saint-Amand est chargé de recherches du FNRS à l'Université de Liège. Co-directeur de la revue COnTEXTES, il est notamment l'auteur de La Littérature à l'ombre. Sociologie du Zutisme (Éditions Classiques Garnier, 2013) et Le Dictionnaire détourné. Socio-logiques d'un genre au second degré (Presses Universitaires de Rennes, 2013).

Pour citer cet article :

Björn-Olav Dozo et Denis Saint-Amand (2013), « Une poétique de l’escorte. De l’usage de la préface pour construire son identité éditoriale  », dans temps zéro, « incursion » du 31 octobre 2013, [en ligne]. URL : http://tempszero.contemporain.info/document1033 [Site consulté le 2 avril 2017].

Résumé

Cet article repose sur une lecture en série des préfaces de deux ensembles éditoriaux publiant de nombreuses traductions (la collection « Penser/croiser » des Prairies ordinaires et le catalogue des éditions 13e note). Nous dégageons de cette lecture l'imaginaire spécifique de chaque ensemble éditorial, en pointant l'ethos qui se construit à travers ces textes d'escorte et qui propose finalement un plaidoyer défendant une politique éditoriale spécifique. De texte inféodé au texte qu'il introduit, la préface devient alors un maillon d'un discours éditorial vaste et transversal.

This article is based on a serial reading of the prefaces to the numerous translations published by two editorial ensembles (Prairies ordinaires’ « Penser/Croiser » collection and 13e Note Editions’  catalogue). From this reading, we distinguish the specific vision of each ensemble, highlighting the ethos developed through these companion texts that also suggests a defence of a specific editorial  politics. From its initial role as a text subject to the text that it introduces, the preface thus becomes a component of a vast and transverse editorial discourse.

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ISSN 1913-5963