Élise Lepage

Cadrages contemporains sur les paysages des littératures francophones du Canada

Quand nous aurons fini de laver ce paysage
Il n’y aura plus de couleurs
ni d’odeurs
Il n’y aura plus de mots
pour dire ce que nous avons fait

Roland Giguère

1Sans doute la représentation de paysages de nos jours n’est-elle jamais exempte d’une prise de conscience assez récente de leur fragilité. Ceux-ci sont constamment transformés pour les besoins de l’urbanisme, des transports, de l’exploitation de matières premières, pour l’accueil touristique, la mise en valeur d’un patrimoine culturel ou naturel. Tantôt mis en spectacle ou (sur)protégés, tantôt affectés par notre rapport de plus en plus médiatisé – pour ne pas dire virtualisé – au réel, les paysages réclament notre attention. Notre cécité à leur égard est sûrement d’ailleurs à l’origine de tous ces problèmes : nous sommes devenus aveugles aux paysages qui nous entourent, nous les oublions et ne nous en préoccupons donc pas ou trop peu. Est-ce parce que nos capacités à instrumentaliser le monde environnant surpassent nos capacités à l’esthétiser ? Là où nous ne voyons qu’un environnement immédiat constitué d’un bric-à-brac de panneaux publicitaires surplombant des rues encombrées dont les façades semblent jurer l’une avec l’autre à travers le feuillage de quelques arbres maigrichons, nous pourrions voir autre chose, faire émerger quelque chose de différent. Simon Schama n’assigne pas d’autre objectif à son ouvrage Landscape and Memory, qu’il présente comme « a way of looking ; of rediscovering what we already have, but which somehow eludes our recognition and our appreciation. Instead of being yet another explanation of what we have lost, it is an exploration of what we may yet find » (Schama, 1995 : 14). Mais pour être tout à fait juste, considérons aussi l’autre côté de la médaille. Si nous sommes aveugles aux paysages de notre quotidien, combien rêvent en revanche de paysages jugés comme idéals ? Les cartes postales, les sites Internet d’agences de voyages et leur cortège de stéréotypes viennent alors à l’esprit : la plage de sable fin, le chalet au bord du lac, les montagnes enneigées, etc. Ces images précèdent alors même l’expérience personnelle que l’on peut avoir des lieux réels. Évoquant des ailleurs, elles symbolisent, selon Suzanne Paquet, le «  marquage puis […] la sacralisation de sites, au profit des touristes » (Paquet, 2009 : 7) et, bien souvent, au détriment des résidents.

2 Phénomène universel, la question de la construction de ces paysages se pose néanmoins de façon singulière chez les auteurs de la francophonie canadienne. Quels paysages les interpellent de nos jours et comment les représentent-ils ? Quelles valeurs leur attribuent-ils ? La provincialisation actuelle observée au plan politique et culturel joue-t-elle également pour la problématique paysagère ? Comment se partagent paysages anthropisés et sauvages ? Les arts visuels n’hésitent pas à se saisir de ce genre de questions1, mais qu’en est-il de la littérature ? L’art littéraire, dont les capacités d’évocation sont pourtant si vastes, semble faire preuve de plus de frilosité à cet égard. Ou pour le dire autrement : l’ampleur des pratiques touristiques – si largement répandues aujourd’hui – et la banalisation des processus de « travestissement » de certains lieux sont loin d’être reflétées par la littérature actuelle. Il y a là un décalage frappant entre des pratiques courantes de la société et les représentations littéraires de cette même société, et ce décalage doit être interrogé. Est-ce parce que ces pratiques sont jugées comme désespérément kitsch ? Approcher la question par l’intermédiaire du paysage devrait permettre de déplacer les enjeux du débat. Ainsi que le souligne Mario Bédard, « [l]e paysage suscite enfin des enjeux politiques car il est tout à la fois patrimoine et projet d’aménagement, mémoire et invention » (Bédard, 2009 : 3). De surcroît, il « offre à des sociétés en perte de repères les fondements d’une identité partagée, cet au-delà de l’histoire et de la géographie de chaque territoire » (Bédard, 2009 : 2). Le paysage est-il voué à n’être qu’une toile de fond quelconque à nos actions ou est-il en passe de devenir une véritable valeur partagée par une communauté ?

Approches théoriques

3Ces questionnements, qui dépassent largement le cadre littéraire, ont donné naissance dans les dernières années du XXe siècle à de nouvelles approches théoriques en sciences humaines et dans les études littéraires. On songe notamment à l’écocritique2, apparue dans les années 1970 aux États-Unis. Forte de son interdisciplinarité, cette théorie s’intéresse notamment aux conséquences de l’action humaine sur la nature et les paysages, abordant de façon très frontale la question de l’éthique du texte ou de ses personnages. La géopoétique, théorisée en France par Kenneth White3, a rapidement essaimé au Québec par l’entremise de Rachel Bouvet4. Héritière de la phénoménologie, cette théorie vise à prendre en compte la façon dont chaque subjectivité habite et investit l’espace, puis en construit des paysages. Remarquons que les analyses géopoétiques font souvent la part belle aux déplacements et qu’elles sont particulièrement attentives aux modalités de la mobilité et des voyages. Quant à la géocritique théorisée plus récemment par Bertrand Westphal (2007), elle déplace de façon très intéressante l’angle de vue pour se « géocentrer » autour d’un lieu précis et d’en étudier les diverses représentations. Contrairement à la géopoétique qui suit une subjectivité à travers différents paysages, la géocritique s’attache à un lieu perçu par différentes subjectivités, ce qui en fait une approche moins anthropocentrique. Parallèlement à l’émergence et à la diffusion de ces théories, tout un courant historiographique autour de Pierre Nora s’interrogeait sur nos Lieux de mémoire. Plus récemment, Simon Harel déchiffrait « la plasticité des lieux habités » (Harel, 2007 : 2) de notre monde globalisé ; ce faisant, il s’est attardé aux paysages créés par nos activités et modes d’habitation. Au cœur de ces différentes théories, une ambiguïté semble toujours demeurer entre espace, lieu et paysage. Sans doute faut-il y voir le va-et-vient constant de la pensée entre le monde (l’espace, le lieu) et le texte et les représentations (le paysage), leur appréhension étant bien souvent mutuelle. Enfin, si ces questions ont déjà trouvé une certaine résonance en contexte québécois5, elles sont encore neuves à l’échelle de la francophonie canadienne.

Le paysage : perspective historique à l’échelle de la francophonie canadienne

4Ce dossier se propose d’interroger les représentations paysagères dans les littératures de la francophonie canadienne, ainsi que les discours actuels tenus sur le paysage. Aborder ce questionnement à partir d’un tel corpus pourrait paraître absurde : on supposerait spontanément – et avec quelque raison – que les paysages acadiens n’auraient que peu en commun avec ceux du Manitoba, par exemple. Pour bien saisir la portée de l’hypothèse à l’origine de ce dossier, il faut rappeler que lors de l’émergence et de la mise en place de champs littéraires propres aux différentes régions de la francophonie canadienne (soit de la fin des années 1960 au milieu des années 1980), une grande importance a été accordée au traitement de l’espace. Rien d’étonnant tant la francophonie canadienne est un ensemble éclaté. De nombreuses études ont ainsi montré dans quelle mesure l’espace se déclinait alors de façons diverses dans les œuvres littéraires : espace linguistique, identitaire, originaire, collectif, imaginaire, ou encore espace de déplacements ou d’enfermement6. Notons que tant les œuvres littéraires que les perspectives critiques, si elles ne versaient pas dans le folklorisme, tendaient néanmoins à privilégier la dimension collective, l’auteur se présentant souvent comme un porte-parole de sa communauté et la critique venant par après renforcer cette perception.

5À la suite de cette première période, l’attention s’est ensuite portée sur des lieux plus circonscrits, mieux identifiés : le Nord, la petite ville minière, le village ; des œuvres et des études géocritiques avant la lettre se sont attachées à dresser le portrait littéraire de villes telles que Moncton ou Sudbury, ou encore certains quartiers d’Ottawa comme chez le romancier Daniel Poliquin7. Ces études critiques aboutissent généralement à une plus grande mise en relief de la singularité de chaque auteur, ou à la mise à jour d’un imaginaire autonome de tel genre de lieu ou ville8. En ce sens, elles témoignent d’une maturation de ces littératures dans la mesure où elles montrent une appropriation esthétique de ces lieux par les auteurs étudiés. Cependant, les concepts mobilisés ici sont toujours ceux d’« espace » ou de « lieu » et renvoient donc directement à leurs référents. Le paysage, qui est au contraire une construction esthétique qui marque la distance qu’elle entretient avec le réel, n’a en revanche pas encore été abordé comme tel pour ces littératures. Il semblerait que l’espace apparaisse comme un topos critique en voie d’épuisement et qui occulte le trop peu d’attention qui a été portée au paysage. Étudier les représentations paysagères serait alors la prochaine étape critique après l’étude de l’espace collectif et du lieu mieux identifié, déjà représenté d’une perspective plus singulière. Cette nouvelle perspective critique s’inscrirait dans une visée à long terme qui consiste à déprendre l’analyse critique du monde référentiel pour la déplacer vers des enjeux esthétiques de plus en plus autonomes, accréditant par là même la maturation esthétique de ces champs littéraires.

La fabrique du paysage

6C’est à cette nouvelle perspective critique que le présent dossier s’essaie. Les articles qui suivent s’intéressent aux représentations paysagères des différentes régions de la francophonie canadienne depuis le tournant du XXIe siècle. Ils apportent ainsi un faisceau de réponses variées à la question du paysage afin d’en faire émerger un premier panorama. Tout paysage étant une composition esthétique qui suppose un agencement régi par une série de choix d’inclusions ou d’exclusions, nous avons choisi le terme photographique de « cadrages », qui rappelle efficacement ces choix déterminants que sont l’emplacement, la qualité de la lumière, l’équilibre des formes et des couleurs, le zoom et autres effets optiques. Le paysage est ainsi un découpage dans la réalité. Or, il faut souligner l’importance du sujet qui effectue ces choix et ces agencements d’éléments. Le paysage est le produit d’un regard, souvent invisible, mais pourtant fondamental ; par là même, le paysage porte l’empreinte d’une subjectivité.

7Le paysage se situe ainsi à la croisée entre sujet, monde et texte, ces trois données étant sujettes à de multiples variations et rééquilibrages. Le sujet est à la fois un être doué de sensibilité (le paysage s’offre à la découverte sensible) et d’imagination (le paysage s’imagine, se rêve, se reconfigure, se grave dans la mémoire, etc.). Le monde est la matière première, l’objet même du paysage. Il peut être le support du paysage dans des installations in situ. Mais le paysage peut aussi s’élaborer en dehors ou contre le monde, comme dans la science-fiction ou par refus de penser la ville comme un réservoir de paysages. Le texte comme représentation peut miser sur une description fidèle et tendant à l’exhaustivité ou sur le pouvoir de suggestion de certaines métaphores, mais il peut intégrer des images, devenir lui-même configuration picturale sur la page ou en contexte virtuel. Sujet, monde et texte sont par ailleurs des concepts toujours tenus pour problématiques dans le contexte de littératures récentes ou particulièrement fragiles ; d’où l’intérêt de les interroger conjointement dans le contexte des littératures francophones du Canada.

8Ce dossier permet par ailleurs de soulever la question des genres littéraires. L’approche polygénérique a été privilégiée pour plusieurs raisons. D’une part, cette problématique étant inédite pour un tel corpus, nous souhaitions amorcer la réflexion d’une façon globale et qui fasse émerger la diversité des actualisations de ce questionnement. D’autre part, le paysage est un sujet qui tolère, voire réclame une certaine souplesse générique. Le degré zéro de la représentation paysagère est le régime descriptif qui peut être mobilisé dans bien des genres littéraires. Il aurait été réducteur de ne pas rendre compte de toutes ces possibilités.

De l’appréhension collective à l’appréhension individuelle

9Les études recueillies dans ce numéro problématisent par ailleurs plusieurs questions cruciales pour l’appréhension et la représentation paysagères. Certaines de ces questions sont étroitement corrélées à la périodisation que nous avons suggérée. Dans son étude portant sur des recueils de Patrice Desbiens qui s’échelonnent de 1979 à 2008, Mathieu Simard retrace ainsi la même perspective critique qui, du traitement de la spatialité, aboutit plus récemment à une prise en compte de la dimension paysagère. Son article ausculte les relations existantes entre les représentations de la femme aimée et des paysages, faisant apparaître une correspondance entre les unes et les autres dans les premiers recueils. Le paysage comme l’amour sont alors saisis à travers un ensemble de dichotomies (ville/périphérie, anglais/français, désir/abandon, etc.) profondément ancrées dans le quotidien et le local, mais au fil des recueils et d’une prise en compte croissante du passage du temps, le paysage devient de plus en plus abstrait au point de tendre à l’effacement. Le critique suggère que cet apparent tarissement du motif paysager serait à lier à celui d’autres problématiques telles que la quotidienneté, l’espace ou l’identité sur lesquelles s’était élaborée l’œuvre de Desbiens à ses débuts. Benoit Doyon-Gosselin adopte également cet angle synchronique dans son étude consacrée à des œuvres acadiennes pour souligner l’appréhension d’abord collective, et désormais plus individualisée du paysage. Étudiant tour à tour l’exposition photographique « Paysages » d’Herménégilde Chiasson, le récit « Kilométrage » de Pierre-André Doucet et la pièce Les trois exils de Christian E. de Philippe Soldevila et de Christian Essiambre, il fait émerger les propriétés réflexives des paysages qui apparaissent dès lors investis des sens que leur prêtent les personnages qui les habitent ou les traversent. Les récentes représentations paysagères de l’Acadie se placent ainsi en porte-à-faux des clichés folkloriques en insistant sur les dimensions à la fois subjective et réflexive du paysage.

Mobilité et transformations du paysage à travers le temps

10Le critique fait également émerger un autre paramètre : celui de la mobilité, le paysage étant saisi en mouvement selon les modes de transport empruntés. Dans mon article consacré au recueil de poèmes Le paradis des apparences (2004) de Robert Melançon, je souligne également l’importance du critère de la mobilité du sujet, perpétuel promeneur. Mais chez Melançon, ce n’est pas seulement le point de vue du sujet qui se déplace, c’est aussi le paysage citadin qui l’entoure, qui bouge et se transforme au gré des saisons, du moment de la journée et des chantiers de construction. Si les paysages littéraires empruntent encore souvent aux origines picturales du genre, ils coïncident peu avec l’idée d’un paysage figé par la peinture ; ils restituent au contraire aux paysages leur dynamisme et leur inscription dans la durée. Cette question du paysage dans le temps se présente également, quoique différemment, dans l’étude qu’Evelyne Gagnon développe sur Tarmac (2009) de Nicolas Dickner. L’intrigue de ce roman se déroule sur plusieurs années, celles de la fin de l’adolescence des deux protagonistes, Mickey et Hope. Ceux-ci évoluent dans des lieux typiques de l’ère postindustrielle : paysages désolés de bungalows et usines désaffectées de l’Amérique du Nord, ou paysages bariolés et indéchiffrables au Japon. Ce roman est travaillé par l’imaginaire de la fin et donne ainsi à penser le paysage en fonction d’une conscience intime d’un temps fini et du motif des rognures qui semble constitutif de la plupart des paysages saisis par les personnages.

Quel ton pour évoquer le paysage ?

11Ce roman permet aussi à Evelyne Gagnon de soulever une question inédite, qui est celle du ton pour aborder la problématique paysagère ; la critique relève ainsi la mélancolie désabusée qu’affichent les personnages adolescents de Nicolas Dickner face aux paysages postindustriels qui les entourent. À l’inverse, au sujet de Lettres à ma fille de Jean Désy, Myriam Marcil-Bergeron évoque le ton d’alerte que celui-ci adopte parfois lorsqu’il témoigne des impacts écologiques dont les paysages portent la marque. Dans le roman Un vent prodigue (2013) de l’auteure manitobaine Simone Chaput, le ton se module en fonction de chacun des personnages. En croisant les perspectives de la géopoétique et de l’écocritique, Anne Sechin met efficacement à jour l’appréhension paysagère de chacun des personnages de la famille, chacun trahissant ce que la critique nomme « un héritage » de notre époque, soit un héritage moral, un héritage capitaliste, un héritage postmoderne et un héritage spirituel. Si l’on se fie à la mise en scène des personnages de Chaput, les trois premières perspectives sont problématiques, alors que la perspective spirituelle, qui emprunte à l’imaginaire autochtone, permet d’échapper à l’anthropocentrisme, de s’inscrire pleinement dans le paysage et, tout simplement, d’être au monde. En démontrant que chaque personnage perçoit les paysages à l’aune de son propre système de pensée, Anne Sechin corrobore à son tour l’idée que la saisie du paysage s’effectue de façon individuelle, subjective, et non plus de façon collective. Le roman de Chaput ainsi que la lecture qu’en fait Anne Sechin incitent enfin à s’interroger sur la dimension axiologique du paysage. Il ne s’agit plus seulement d’esthétique dans cette optique, mais également d’éthique.

La subjectivation

12Si la plupart des contributions soulignent que le paysage résulte d’un processus de subjectivisation du réel, c’est sans doute l’article de Myriam Marcil-Bergeron qui va le plus loin en ce sens. Elle analyse selon une perspective géopoétique Lettres à ma fille de Jean Désy, récit écrit à l’occasion d’une traversée de l’Atlantique en voilier, et qui invite donc à s’interroger sur le paysage inédit de la haute mer. Le paysage marin « déborde du cadre » pour envahir l’embarcation et le corps, en imposant un rythme et une expérience polysensorielle auxquels le voyageur ne peut se soustraire. Le paysage se donnant toujours comme extériorité, le sujet doit alors élaborer des stratégies de saisie, d’intériorisation et de mise en scène du paysage qui lui sont propres afin de pouvoir le représenter. Devant cette extériorité envahissante, le bateau fonctionne comme un refuge propice à l’introspection qui permet au sujet de plonger en lui-même pour retrouver des paysages avec lesquels il est plus familier et qui lui fournissent des points d’ancrage symboliques à partir desquels il peut saisir le paysage de la navigation hauturière. L’étude se clôt sur une réflexion écologique présente dans le texte de Désy, mais qui plus largement permet de penser la fragilité du sens des voyages et l’inscription de l’humain dans le monde.

Notes

1  Voir par exemple au Québec les réalisations d’artistes tels qu’Isabelle Hayeur, Alain Lefort, Ivan Binet ou Eveline Boulva.

2  Voir les travaux séminaux de Williams ([1973] 1985) et Rueckert (1978). Ces travaux sont maintenant largement relayés par Glotfelty et Fromm (1996), Buell (2005) et Hiltner (2015). Posthumus (2012) mobilise ces travaux en les appliquant aux contextes francophones.

3  Voir notamment White (1994, 2008).

4  Voir les nombreux collectifs qu’elle a codirigés, notamment Bouvet et White (2008), Bouvet et Camus (2011), ainsi que le site Internet La traversée (Bouvet, 2004).

5  Voir le dossier de la revue Québec français dirigé par Vincent Lambert (2013), par exemple.

6  Voir à ce sujet Paratte (1993), Morency (1998) et Hotte (2002, 2005, 2010 : 203-225).

7  Pour Moncton, voir : Paré (1998), Doyon-Gosselin et Morency (2004), Boudreau (2007), Leclerc (2009), Brun del Re (2013) ; pour Ottawa : Brun del Re (2012, 2013) ; pour Toronto : Kellett-Betsos (2005) ; pour Saint-Boniface : Sechin (2008) ; pour la côte ouest : Poirier, Viswanathan et Merler (2004), Poirier (2007) et Poirier, Guibault et Viswanathan (2012).

8  Cette synthèse s’appuie entre autres sur les travaux de Doyon-Gosselin (2012, notamment la conclusion), qui retracent la même évolution à travers les œuvres de J. R. Léveillé et France Daigle.

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Notice biobibliographique

Élise Lepage est professeure adjointe en littérature québécoise à l’Université de Waterloo. Ses travaux portent sur l’imaginaire géographique et le paysage en littérature québécoise contemporaine. Ses publications les plus récentes se consacrent à la poésie de Michael Delisle (Voix et images), de même qu’au traitement du paysage chez l’artiste visuelle Isabelle Hayeur et dans la création poétique québécoise contemporaine (Studies in Canadian Literature/Études en littérature canadienne).

Pour citer cet article :

Élise Lepage (2015), « Cadrages contemporains sur les paysages des littératures francophones du Canada », dans temps zéro, nº 10 [en ligne]. URL : http://tempszero.contemporain.info/document1373 [Site consulté le 2 avril 2017].
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ISSN 1913-5963