Élisabeth Nardout-Lafarge

Instabilité du lieu dans la fiction narrative contemporaine

Avant-propos et notes pour un état présent

1 L’étude des lieux en littérature n’est certes pas nouvelle, mais elle connaît ces dernières années une relance manifeste1. Les articles réunis dans ce dossier posent à leur tour la question du lieu à des textes contemporains, français et québécois, selon un parcours qui va de la ville à la villa, en passant par le motif de l’île et les territorialités problématiques que sont la région et la banlieue. Il s’agit ici à la fois de repérer les procédés qui construisent et dynamisent le lieu fictif pour faire apparaître les dispositifs narratifs qui en résultent, et d’interroger, à partir d’ensembles plus vastes, la construction notionnelle du lieu et ses effets axiologiques et idéologiques. Le travail des textes sur le lieu se donne ainsi à lire tantôt dans le réinvestissement biographique, imaginaire et mémoriel de lieux référentiels (une ville), de mythes (une île), tantôt dans un processus de déconstruction de la perception (une maison). Mais il peut aussi engager une mise en question du découpage spatial et social du territoire et des oppositions traditionnelles qui l’ont constitué (ville et ruralité, métropole et périphérie). S’il est évidemment impossible de tirer des conclusions générales de ces explorations ciblées et sans prétention à quelque exhaustivité, on observe cependant une instabilité des lieux évoqués, sensible dans les troubles de leur perception, dans les appropriations singulières dont ils font l’objet, comme aussi dans les reconfigurations imaginaires de leurs tracés.

2Ici s’impose une mise au point – qui n’est pas que terminologique et qui ne vise pas à construire des catégories étanches – sur l’emploi du mot « lieux ». Entre l’espace, notion générale, abstraite, constituée dans la narration en rapport avec le temps, regroupant potentiellement tous les énoncés qui répondent à la question « où ? », et le paysage, notion beaucoup plus concrète et précise, que Michel Collot fait dépendre de « la singularité d’un point de vue […], ce qui le distingue aussi bien de la Nature, que de l’espace universel construit par la science moderne » (Collot, 2007 : 17-18), les articles qu’on s’apprête à lire analysent le lieu comme espace « réalisé » dans le texte, décrit, symbolisé, nommé notamment, mais pas seulement, par un toponyme réel ou fictif2.

3Reprenant la question de la ville dans la foulée de ses travaux sur le biographique, Robert Dion s’intéresse à ces « villes qui surdéterminent des vies » et analyse trois dispositifs textuels qui « produisent du lieu sur le théâtre biographique ». Du Montevideo que Christophe Fourvel parcourt sur les traces d’Henri Calet, au Turin que Frédéric Pajak construit à la croisée des itinéraires de Nietzsche, Pavese et De Chirico, jusqu’à la Prague de Sylvie Germain où, sur les pas d’une « Pleureuse » qui en porte la mémoire, c’est finalement la ville elle-même qui se trouve « biographiée », l’article de Robert Dion illustre ces textes hybrides où le lieu donne forme à une invention générique. Daniel Laforest expose les enjeux critiques de la représentation de la banlieue dans la littérature québécoise. Oblitérée dans l’opposition traditionnelle entre ville et campagne dont on sait l’impact sur une certaine histoire de la littérature québécoise, la banlieue, qui marque la labilité de ces frontières spatiales et sociales, est devenue bien plus que le cadre, l’enjeu de nombreux récits contemporains de Michael Delisle à Catherine Mavrikakis. Daniel Laforest retrace l’émergence de cette géographie qui est aussi une sociographie dans l’autobiographie de Pierre Vallières, Nègres blancs d’Amérique, et en retrouve la singularité dans le roman de Catherine Mavrikakis, Le ciel de Bay City. Proposant de substituer au paradigme de la spatialité celui de l’habitabilité, il envisage les transformations critiques qu’exige une nouvelle analyse des lieux. La démarche de Francis Langevin comporte aussi une dimension métacritique : en s’intéressant pour sa part à la « régionalité » par laquelle le discours médiatique caractérise actuellement tout un secteur de la narration québécoise contemporaine, il repère, à partir de l’analyse d’un des romans autour duquel s’est cristallisée cette approche, Sur la 132 de Gabriel Anctil, l’axiologie et l’idéologie à l’œuvre dans une telle reconfiguration imaginaire du territoire. Il est en effet particulièrement éclairant pour la littérature québécoise d’envisager la tension entre « exotisme » et « auto-exotisme » qu’établit Francis Langevin en rapport avec le corpus « régionaliste » canadien-français, ce « roman de la terre » conventionnellement défini par la référence au lieu qui a servi de critère à la détermination de genres et de périodes, de mouvements ou de mouvances esthétiques. Benoit Doyon-Gosselin et David Bélanger réexaminent, quant à eux, le motif mythifié de l’île à partir de son double statut d’ouverture et de fermeture, et des contraintes que cette forme de la spatialité fait peser sur le récit littéraire (La beauté de l’affaire. Fiction autobiographique à plusieurs voix sur son rapport tortueux au langage de France Daigle, L’île de lumière de Nathalie Archambault, mais aussi Le conte de l’île inconnue de José Saramago) ; les auteurs, cherchant à décrire le « ressort narratif » de l’île, en trouvent également une réalisation exemplaire dans la série télévisée Lost (2004-2010) dont ils proposent l’analyse. Enfin, Marie-Hélène Voyer présente les différents dispositifs de distorsion de la perception dont joue Sébastien Brebel dans Villa Bunker, où une maison est inlassablement imaginée, remémorée, projetée dans de multiples réaménagements, décrite et photographiée jusqu’à ce que son existence même se dissolve dans un vertige de l’exhaustivité. Cet affolement perceptif renvoie peut-être, par inversion ironique, au terme architectural de « folie » qui désigne, au XVIIIe siècle, certaines « maisons de plaisance ». En s’intéressant à l’un de ses romans qui « inquiètent le voir », l’article de Marie-Hélène Voyer porte à son comble l’instabilité du lieu dans les textes contemporains qui le réinvestissent autant sur le plan microtextuel que sur celui des structures notionnelles dans lesquelles nous avons l’habitude de le penser.

4Ainsi distribuées, ces analyses de quelques-unes des reconfigurations du lieu dans la littérature contemporaine française et québécoise s’inscrivent au cœur des nombreuses réflexions actuellement en cours sur cette question et il n’est pas inutile d’esquisser ici une sorte d’état présent des travaux avec lesquels elles entrent en dialogue.

Géographie et sociographie du lieu

5La construction de l’espace fictif, notamment dans le roman réaliste où elle est l’un des principaux moyens de l’illusion référentielle, a fait l’objet de nombreuses analyses et les principales synthèses de poétique romanesque (notamment Grivel, 1973 ; Mitterand, 1987 ; Genette, [1969] 1979) y consacrent un chapitre. D’autres études portent sur le rapport à l’espace d’un genre (Collot, 2005), d’une période (Zumthor, 1993 ; Ferrand, 2004) ou – et ce sont évidemment les plus nombreuses – d’œuvres singulières. Mais qui s’intéresse aux lieux dans la littérature contemporaine pourra faire dialoguer des travaux issus de deux champs de recherche qui se sont développés parallèlement. Ainsi, aux études de « géographie littéraire », terme qu’emploient aussi bien Michel Collot que Sylviane Coyault (1997)3 et dont se réclame également Yves Baudelle, qui, dans la foulée de ses travaux sur le nom propre, s’intéresse aux toponymes selon une approche poétique et génétique (1997 : 54), on confrontera avec profit les très nombreux travaux sur la ville et la littérature, souvent inspirés des réflexions de Walter Benjamin, qui se sont multipliés à partir des années quatre-vingt, des plus généraux (Sansot, 1973) aux plus spécifiques (Robin, 2001, 2009). Au Québec, ces travaux doivent leur première impulsion au groupe de recherche « Montréal imaginaire » (sous la direction de Gilles Marcotte et Pierre Nepveu), dont l’ouvrage collectif, Montréal imaginaire. Ville et littérature, paru en 1992, fait date dans les études québécoises. Plusieurs travaux plus récents (Harel, 2009)4 témoignent de la vitalité de ce champ d’études où la ville est tenue moins pour un « lieu » selon la perspective géographique que pour un texte social appelant son déchiffrement dans une perspective cette fois sociocritique.

Géocritique

6Au tournant des années deux mille, une concentration d’ouvrages, pour la plupart collectifs, et de dossiers de revues consacrés à la question manifeste un intérêt renouvelé des études littéraires pour l’espace en général ou les lieux en particulier5. Au même moment, on verra un autre signe fort de cet intérêt critique dans la théorisation de la « géocritique » que propose le livre synthèse de Bertrand Westphal (2007). L’auteur constate d’abord, dans l’ensemble des sciences humaines, un certain renversement des rapports espace-temps après 1945, et plus encore dans la contemporanéité la plus récente qui voit la spatialité s’imposer peu à peu contre la temporalité dans les différents systèmes de « lecture du monde » et donc dans les différentes disciplines. Ce nouveau primat de la spatialité favorisé, selon Westphal, par la fin des déterminismes, redonnerait une légitimité et même une « centralité » aux études littéraires, rompues à ce qu’il appelle « l’isotropie » (l’indécision systémique) et à la pensée du relatif. La géocritique, qu’il fait naître de cette conjoncture épistémique transformée et toujours en transformation, se définit comme l’étude interdisciplinaire de l’espace (matérialisé dans des lieux) et postule que les représentations (textuelles ou iconiques) d’un lieu participent de la connaissance de ce lieu : « […] la géocritique argue d’un espace dont la reproduction oppose au réel un degré de conformité indécidable » (Westphal, 2007 : 65).

7Dans son troisième chapitre, « La référentialité », Westphal note que l’expérience contemporaine de l’espace estompe, voire efface, la différence entre réel et représentation, comme dans ces hauts lieux contemporains étudiés par Marc Augé où c’est le lieu réel qui copie la fiction (Disneyland à Paris, mais aussi de manière plus générale puisque, comme le dit Augé, « le moindre monument du plus petit village s’illumine pour ressembler à un décor » – cité dans Westphal, 2007 : 148). Cependant, pour Westphal, la distinction entre réel et fiction, si floue ou ténue qu’en soit parfois l’expérience contemporaine, doit être maintenue. Repassant par la théorie des mondes possibles (chez Thomas Pavel et les logiciens), Westphal identifie une position de compromis dans ce qu’il appelle les « oscillations référentielles », qui règlent les rapports entre le référent et sa représentation fictionnelle. Il en propose trois modèles : d’abord, « le consensus homotopique », qui est celui de la « vérisimilitude revendiquée » (2007 : 171) où « les propriétés virtuelles exprimées par le texte fictionnel ne seront pas opposées aux propriétés virtuelles/actuelles du référent » (2007 : 172), sans pour autant que les premières soient calquées sur les secondes. Ensuite, « le brouillage hétérotopique », quand il y a contradiction entre le référent et sa représentation, notamment par des interpolations qui incluent un espace sans référent réel dans un espace plus vaste référencé (comme le comté de Yoknapatawpha chez William Faulkner), des surimpressions de traits référentiels d’autres lieux, des attributions erronées ou encore des transnominations par lesquelles la fiction donne au lieu nommé des attributs qu’il n’a pas dans la réalité. Enfin, « l’excursus utopique », qui correspond aux inventions de mondes imaginaires, dans la science-fiction notamment. On notera au passage que ces procédés ne s’excluent pas les uns les autres et que bien des noms fictifs sont à la fois des interpolations et le résultat de multiples surimpressions. On se demandera également si toute nomination fictive n’est pas, de fait, une transnomination. On croisera enfin ces procédés avec ceux que repère, sur le plan strictement poétique, Yves Baudelle dans ses études de transposition onomastique.

8Revendiquant une approche « géocentrée », donc focalisée sur le lieu et non sur le texte, Westphal assigne des limites à la géocritique : si elle peut inclure ce qu’il nomme « des entités thématologiques dépourvues de référent toponymique explicite […] [comme] le désert, l’archipel, elle exclut les lieux non géographiques, le renvoi aux espaces domestiques, intimes, que décrit si bien Bachelard dans La poétique de l’espace (1957) » (2007 : 194). Les travaux de géocritique esquissés par Westphal pourront prendre la forme d’études des représentations artistiques (littérature, peinture, photographie, cinéma) d’un même lieu, à partir « d’une multiplicité de points de vue, éventuellement hétérogènes, qui tous convergent vers un lieu donné, primum mobile de l’analyse » (2007 : 199). Par ailleurs, au regard du temps déposé en « strates » qui se sédimentent dans le lieu, la géocritique se considère comme une « stratigraphie » conçue selon le modèle de l’archéologie et attachée à déterminer les « chaînes intertextuelles et intericoniques » (2007 : 199) qui définissent le lieu.

Perspectives et méthodes

9Que retenir du survol, évidemment trop rapide, de cet ensemble de relectures des lieux ? Sur le plan des perspectives, et s’agissant du corpus contemporain, la référence aux lieux est parfois envisagée, en termes d’histoire littéraire, comme l’un des « retours » qu’effectuerait la littérature contemporaine au référent. C’est la position de Westphal. Sans contredire ce constat, d’autres travaux postulent plutôt, dans une visée plus largement sociologique que Westphal d’ailleurs n’exclut pas, la contribution du discours littéraire à une réflexion en cours sur l’expérience contemporaine de l’espace, profondément transformée d’une part, par la mondialisation, entendue comme nivellement du lieu et effacement de ses marques distinctives, et d’autre part, par la virtualisation et la dématérialisation des lieux qui déstabilisent les notions de déplacement et de découverte. Aline Bergé, quant à elle, relie cet intérêt pour les lieux à une inquiétude collective et y voit « un phénomène qui n’est pas strictement localisé, mais un signe parmi d’autres d’un mouvement de fond de notre temps qui s’interroge sur la mondialisation et l’avenir de notre planète » (2007 : 98). À cet égard, il convient de noter aussi, parallèlement, l’apport de travaux interdisciplinaires sur le paysage, croisant littérature, architecture, histoire de l’art et histoire culturelle6. L’inscription littéraire des lieux dialogue aussi avec toute une réflexion philosophique, ethnologique et anthropologique menée dans le sillage de Michel de Certeau sur les « usages » du lieu dans « Pratiques de l’espace » ([1980] 1990 : 137-255) et de Marc Augé sur les non-lieux (1992). Ainsi posée à nouveaux frais par Augé – dont on n’oubliera pas que sa réflexion doit aussi aux « lieux de mémoire » de Pierre Nora –, la question des lieux connaît également, comme le souligne aussi Westphal, des développements récents en géographie (Clerc, 2004).

10Quelle que soit la perspective retenue pour la réflexion, sur le plan de la méthode, l’analyse des lieux inscrits dans la fiction narrative a recours, du point de vue de la production du texte, à une approche thématique (sur le modèle de Jean-Pierre Richard [1984]), ou poétique, orientée vers la sémiotique ou la narratologie, tout particulièrement à partir des travaux de Philippe Hamon sur la description (1993). Le lieu, en effet, n’existe pas en lui-même, il est vu, médié et défini par des narrateurs-percepteurs à propos desquels se posent toutes les questions de fiabilité et d’autorité narratives. Sont ainsi pris en compte les différentes focalisations, les types de descriptions (panoptique, panoramique ou ambulatoire et leurs variantes), les diverses formes d’encadrement, les principaux topoï (locus amoenus et les multiples interprétations ou renversements auxquels il se prête), et les principaux dispositifs (personnage-descripteur dans toutes ses modalités). Enfin, les travaux critiques s’intéressent aux médiations que fournit le recours aux autres arts (présence d’une iconographie, ekphrasis). Le point de vue peut être aussi celui de la réception du texte et de la lecture : ainsi, Vincent Jouve (1997) propose une méthode de « lecture de l’espace » fondée sur les fonctions sémiotiques de la lecture identifiées par Gilles Thérien et sur la notion de « script » empruntée aux théoriciens cognitivistes par Bertrand Gervais. On pourrait ajouter celle de « scénario », développée, selon une autre conception du travail du lecteur dans la constitution du sens, par Umberto Eco dans Lector in fabula ([1979] 1985), à partir du présupposé que la référence au lieu, et notamment le toponyme, ouvre également dans l’encyclopédie du lecteur des répertoires, souvent nourris par l’intertextualité, qui interviennent dans la lecture du lieu.

11On retrouvera donc, dans les articles de ce dossier, déplacés et reconfigurés en fonction des corpus et des questions soulevés, les grands enjeux du travail actuellement en cours, sur et à partir du lieu et de son expérience contemporaine.

Notes

1  Les textes de ce dossier, y compris l’avant-propos, ont d’abord été présentés, dans une version préliminaire, à l’occasion de deux journées d’étude : la première, « Poétiques du lieu : questions, enjeux, perspectives », coorganisée par Sandrine Astier-Perret et Élisabeth Nardout-Lafarge dans le cadre du projet « Poétiques du lieu » (CRSH 2009-2012), tenue le 15 juin 2012, au CRILCQ – site Université de Montréal, grâce à l’appui du CRSH et du CRILCQ ; la seconde, « La référence aux lieux dans les fictions narratives contemporaines au Québec : enjeux, questions », coorganisée par Francis Langevin et Élisabeth Nardout-Lafarge, tenue le 14 décembre 2012 à la Maison des écrivains de Montréal, grâce à l’appui du CRSH, du CRILCQ, du Département d’études françaises de l’Université de Toronto et de l’UNEQ. Je remercie tous ces organismes de leur soutien.

2  Michel Collot : « Le lieu peut se définir par une forte délimitation topographique et culturelle […] [;] c’est un microcosme […] en rapport analogique […] avec un monde […] dont il est en réduction l’image » (2007 : 16). Bertrand Westphal situe pour sa part la distinction entre espace et lieu au niveau de la perceptibilité, le lieu étant, selon lui, un espace rendu perceptible et, s’appuyant sur l’ouvrage Space and Place. The Perspective of Experience du géographe américain Y-Fu Tuan, il note que « l’espace ne se transforme en lieu que lorsqu’il entre dans une définition et prend un sens » (Westphal, 2007 : 17-18).

3  Participent également de cette « géographie romanesque » tous les travaux sur « les géographies imaginaires », tel le livre de Pierre Jourde (1991).

4  Signalons aussi le dernier colloque de l’Association des professeurs des littératures acadienne et québécoise de l’Atlantique (APLAQA) tenu en juin dernier à Poitiers, qui avait pour thème « Reflets des villes ».

5  En 1990 : Franco Moretti ; en 1997 : Gérard Lavergne ; en 2002 : Sylviane Coyault ; en 2003 : Rachel Bouvet et El Omari, et Pierre Masson ; en 2004, Pascale Aureix-Jonchière et Alain Montandon ; en 2005 : Arlette Bouloumié et Isabelle Trivisani-Moreau, Pierre Nepveu, ainsi que Simon Harel et Adélaïde Rousso ; en 2006 : Rachel Bouvet, André Carpentier et Daniel Chartier, ainsi que Jean Morency, Jeannette den Toonder et Jaap Lintvelt ; en 2007 : Aline Bergé et Michel Collot ; en 2008 : Rachel Bouvet, Hélène Guy et Éric Waddell ; en 2011 : Rachel Bouvet et Audrey Camus.

6  Voir, entre autres, Françoise Chenet et Jean-Claude Wieber (1996), Alain Roger (1997), Anne Cauquelin (2000).

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Notice biobibliographique

Élisabeth Nardout-Lafarge est professeure au Département des littératures de langue française de l’Université de Montréal. Spécialiste de littérature québécoise, elle est notamment l’auteure d’un essai, Réjean Ducharme. Une poétique du débris (2001), et elle a co-écrit, avec Michel Biron, François Dumont et en collaboration avec Martine-Emmanuelle Lapointe, Histoire de la littérature québécoise (2007). Elle travaille actuellement à un projet de recherche sur les poétiques du lieu et fait partie de l’équipe « Porosité des pratiques narratives au Québec : enjeux esthétiques et historiques » sous la responsabilité d’Andrée Mercier.

Pour citer cet article :

Élisabeth Nardout-Lafarge (2013), « Instabilité du lieu dans la fiction narrative contemporaine. Avant-propos et notes pour un état présent », dans temps zéro, nº 6 [en ligne]. URL : http://tempszero.contemporain.info/document974 [Site consulté le 2 avril 2017].
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ISSN 1913-5963